Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 23:27

 

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Larache est une ville hors circuit touristique, renfermée sur elle-même et ouverte sur la mer. Seuls quelques monuments historiques et la tombe austère de Jean Genet attirent quelques visiteurs. La grande Place circulaire de la ville est envahie ce mardi premier mai 2012 non seulement par une lumière éclatante, mais aussi par des ouvrières et des ouvriers de tous les secteurs de l'activité économique de la commune venus célébrer ensemble la fête du travail.

 

Les femmes, constituées essentiellement de travailleuses de petites usines de textile et de conserveries, sont nettement plus nombreuses que les hommes. Elles sont accompagnées de leurs enfants à qui elles offrent, probablement plus que d'ordinaire, des friandises achetées aux marchands ambulants qui entourent toute la Place. Les marins, ces «travailleurs de la mer», qui ont mené en 2011 un dur combat des semaines durant contre leurs patrons pour améliorer leurs conditions de travail, sont bien présents. Les ouvriers agricoles, ces travailleurs de la terre, pauvrement vêtus tenaient eux-aussi à participer à cette fête du travail. Bref, toutes les branches économiques étaient représentées. La télévision et la presse nationales, elles par contre, étaient absentes. Ce petit peuple de producteurs de richesses semblait être content de se retrouver ainsi réuni sous un soleil printanier sur cette belle Place bleu et blanche le jour du premier mai.

 

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Les représentants de chaque secteur, les uns après les autres, sont montés sur une modeste estrade décorée du drapeau national et ont parlé de leurs souffrances au travail, de leurs combats et de leur espoir de voir leurs conditions d'existence s'améliorer. Soudain, la tribune s'effondre et le dernier orateur se trouve par terre sans gravité. Toute la foule éclate alors de rire ! Cet incident a permis à l'intervenant suivant de dénoncer la municipalité, responsable de l'installation, complice du régime et ennemie des travailleurs. Une petite femme d'un certain âge, casquette sur la tête, prend le micro au milieu des manifestants et d'une voix déterminée rappelle la signification du premier mai et ce qu'il représente pour les travailleurs de toute la planète. Personne ne va parler de nous, ni du combat que nous menons au jour le jour dans notre petite ville contre l'exploitation patronale disait-elle. Mais nous ne sommes pas seuls ! Nous sommes fiers d'appartenir à cette immense classe ouvrière qui, comme nous ici, célèbre aujourd'hui partout à travers le monde la fête du travail poursuit-elle. Une salve d'applaudissements éclate et les slogans contre les patrons et le régime entamés par quelques manifestants et repris en chœur fusent de toutes parts. Un drapeau d'un rouge écarlate, avec faucille et marteau, est déployé. Les marins entament alors leurs chants préférés à la gloire de leurs luttes passées et à venir. Le cortège, rejoint par les éternels « chômeurs diplômés», la trentaine pour certains bien entamée, se met en branle et les organisateurs rappellent aux marcheurs de ne pas répondre aux provocations policières.

 

Dans les rues étroites du centre ville, les slogans portés par la foule raisonnent encore plus fort. Les manifestants sont parfois salués et encouragés à travers les balcons et les terrasses des maisons par des familles entières. En haut de l'avenue Mohamed V, large artère principale de la ville, le cortège rencontre sur son passage un autre rassemblement organisé par un autre syndicat : «unité», «unité» scandent alors spontanément de chaque côté les manifestants. Le cortège poursuit sa lente progression rythmée par des chants et des slogans liés aux revendications matérielles et syndicales des ouvriers qui jaillissent des rangs serrés des marcheurs et se confondent avec les appels à la prière venus des minarets alentours créant une étrange atmosphère.

 

Vers 14h, les ouvrières et les ouvriers de Larache commencent à ranger soigneusement leurs banderoles et leur maigre matériel pour le ressortir certainement dans le cadre, cette fois, des manifestations dominicales du Mouvement du 20 février. Les femmes rentrent chez elles avec leurs enfants. Les hommes, par petits groupes, rejoignent quant à eux l'unique café ouvert ce premier mai sur la place, le «café Lixus», pour prendre ensemble un verre de thé.

 

 

Mohamed Belaali

Par M B
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Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 18:01

 

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Dans « Répression et résistance à Bahreïn», nous avons écrit : «Le soulèvement populaire à Bahreïn est le produit de décennies d’injustices, d’oppression et d’humiliations. On peut le réprimer, voire l’écraser, mais il renaîtra, tel un phénix, de ses cendres. Car il est né et a grandi sur le sol du despotisme et de l’arbitraire» (1).Puisque cet arbitraire et ce despotisme perdurent, la résistance du peuple de Bahreïn se poursuit malgré une terrible répression. L'organisation du Grand Prix de Formule 1 dans ce petit royaume ne fait que renforcer la détermination «des révoltés de la Perle» à poursuivre le combat contre un régime suranné mais soutenu par les monarchies du Golfe et bien sûr par les États-Unis et l'Europe.

 

 

Le monument de la Perle, symbole de la résistance à la dictature des Al Khalifa, a été détruit. Il est remplacé par les chars de l'armée saoudienne qui encerclent toute la place.Les mosquées et les minarets n'ont pas échappé à cette folie destructrice. Les routes et les autoroutes de ce petit royaume sont littéralement quadrillées. Les forces antiémeutes, surarmées, sont omniprésentes et n'hésitent pas à tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques. Les commissariats de l'archipel sont transformés en centre de torture. Les tribunaux militaires jugent et condamnent des civils. Les blessés ne sont plus soignés au mépris de toutes les conventions internationales.

 

La dynastie des Al Khalifa, au pouvoir depuis plusieurs siècles, le Conseil de Coopération du Golfe(CCG) dominé par l'Arabie Saoudite, l'impérialisme américain et européen sont satisfaits. Ils pensent que les aspirations du peuple de Bahreïn à la dignité et à la démocratie sont, comme le soulèvement qui les concrétise, définitivement enterrées. La dictature, les privilèges, les intérêts des uns et des autres sont sauvés. Il faut maintenant annoncer et exposer, à la face du monde entier, que la situation est normale et que l'émirat est un pays paisible. Le spectacle du Grand Prix de Formule 1 peut alors commencer. «Je connais les gens qui y vivent, c'est très calme et paisible» disait platement Bernie Ecclestone, homme d'affaires et patron de cette fameuse course. Le sport au service du despotisme !

 

L'exploitation politique du sport ne date évidemment pas d'aujourd'hui. L'Italie fasciste et l'Allemagne nazie, deux faces hideuses du capitalisme, ont déjà instrumentalisé cette activité pour donner unecertaine légitimité à leur pouvoir. L'Italie mussolinienne (1934) et l'Allemagne hitlérienne (1936) avaient organisé respectivement la seconde Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques. La FIFA, elle, avait confié l'organisation du «Mundial» de 1978 à l'Argentine de la junte militaire dirigée par le général Videla. Le grand Prix de F1 se déroulait régulièrement en Afrique du Sud en plein régime d'Apartheid. Le cas de Bahreïn s'inscrit donc dans cette «tradition» où l'activité sportive est utilisée par les pouvoirs pour asseoir leur domination de classe.

 

Pendant ce temps-là, dans l'indifférence quasi-générale, sans les médias occidentaux ni Al Jazeera, le peuple de Bahreïn poursuit son combat contre cette dictature d'un autre âge (2). Des manifestations quotidiennes sont organisées, dans des conditions difficiles, pour protester contre cette nouvelle humiliation que constitue le Grand Prix de Formule1ou comme l'appellent les bahreïnis «Formule du sang». Samedi 21 avril 2012, les manifestants ont laissé un des leurs, tué par la police du pouvoir, s'ajoutant ainsi à la liste déjà longue des martyrs du peuple de Bahreïn. Pour prévenir toute contestation lors du Grand Prix, les autorités non seulement ont quadrillé tout le pays, mais ont procédé aussi à des dizaines d'arrestations des militants du mouvement de contestation (3). Le mutisme des médias bourgeois sur cette répression et cette résistance est édifiant. Il faut que la contestation du régime en place se passe à huis clos.

 

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Le contraste entre le silence sur Bahreïn et l'hystérique propagande contre la Syrie par exemple de ces mêmes médias est éloquent. Il faut dire que les très «démocratiques» dynasties des Al Khalifa, des Al Saoud de l'Arabie Saoudite ou celle encore d' Al Thani du Qatar qui désirent ardemment installer la démocratie en Syrie, sont «nos amis»; car elles nous sont totalement soumises. Il faut donc les protéger et les mettre à l'abri des tentations et des aspirations du peuple à la liberté et à la démocratie. Le CCG, l'impérialisme américain et européen savent pertinemment que la victoire du peuple sur la dictature dans un pays (Tunisie et Égypte), suscite d'immenses espoirs et encourage les autres peuples dans le monde arabe à se soulever à leur tour contre leurs propres tyrans.

 

Pendant que les émirs de Bahreïn assistent au spectacle de Formule 1, et les médias occidentaux sont occupés à transmettre les performances des pilotes du Grand Prix, un militant des droits de l'Homme, Abdel Hadi Al Khawaja, arrêté et condamné à la perpétuité est entre la vie et la mort. Il mène une grève de la faim depuis le 8 février 2012 contre sa détention arbitraire. Sa résistance et sa détermination sont celles de tout un peuple qui se bat quasiment seul contre une tyrannie soutenue par les monarchies du Golfe et par toutes les «démocraties» capitalistes.

 

 

 

Mohamed Belaali

 

belaali.over-blog.com

 

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(1) http://belaali.over-blog.com/article-repression-et-resistance-a-bahrein-73815420.html

 

 

 

 

(2)http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Crises/Afrique-du-Nord-Moyen-Orient/Actualites/Bahrein-des-reformes-vides-de-sens-face-aux-violations-5196

 

Voir également les communiqués du Centre de Bahreïn pour les droits de l'Homme

http://www.bahrainrights.org/en/node/5192

 

 

(3) http://af.reuters.com/article/sportsNews/idAFJOE83H03K20120418

Par M B
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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 22:47

 

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«Pourquoi ai-je attendu ce jour pour le dire,
vieilli, et de ma dernière encre :
La puissance atomique d'Israël menace
une paix du monde déjà fragile ? (…)

parce que je suis las de l'hypocrisie de l'Occident».

Ainsi s'exprimait Günter Grass prix Nobel de littérature dans un poème publié le 4 avril par le quotidien Süddeutsche Zeitung (1). Günter Grass n'annonce en fait rien de nouveau en affirmant courageusement que l'État sioniste d'Israël, soutenu aveuglément par l'impérialisme américain et européen, menace la paix du monde.

 

 

Dès le premier tiers du XIXe siècle, le Royaume-Uni développait déjà l'idée de créer un «foyer juif en Palestine» pour servir ses propres intérêts stratégiques(2). Le sionisme politique a grandi et prospéré sous l'aile protectrice de l'impérialisme britannique, puissance économique et coloniale de l'époque. L'antisémitisme européen, le génocide nazi, le mépris des arabes palestiniens, considérés comme des ectoplasmes par le colonisateur britannique, ont grandement contribué au développement du sionisme qui n'était, jusqu'à la déclaration Balfour (1917), qu'un mouvement politique minoritaire chez les juifs. Chaïm Weizmann, premier président de l'État d'Israël, écrivait dans ses mémoires : «Il était toujours plus facile de parler à cœur ouvert aux non-juifs qu'aux juifs occidentaux; il y avait moins de chance d'être mal compris»(3). Ce sont donc les intérêts économiques et stratégiques de l'Angleterre et, partant, de la bourgeoisie anglaise qui sont, tout du moins au début, derrière le fait colonial israélien et ce qu'il est devenu aujourd'hui c'est à dire un véritable danger non seulement pour les peuples de cette région «bourrée» de pétrole, mais pour le monde entier.

 

Israël est un État au-dessus de tous les États. Il est aussi au-dessus des lois, des conventions et de toutes les résolutions des Nations Unies. Israël a trop de pouvoir. Il ne supporte ni contradiction, ni critique. Toute contestation, toute opposition et toute dénonciation de l'entité sioniste est impitoyablement réprimée. L'antisionisme se confond désormais avec l'antisémitisme. Les listes de militants et militantes, de penseurs, de poètes, d'artistes, d'universitaires, de journalistes, d'hommes et de femmes politiques, accusés d'antisémitisme sont interminables. Günter Grass n'est ni le premier ni le dernier à être traité d'antisémite. La résistance à l'État sioniste d'Israël est systématiquement qualifiée de terrorisme. Même si la résistance à l'occupant est un droit naturel reconnu par les Nations Unis, le peuple palestinien est réduit à des «bandes de terroristes» qui menacent l'existence même d'Israël ! Cette obstination à taire toute critique de l'entité sioniste ne peut s'expliquer que par cette farouche volonté d'escamoter l'histoire de la Palestine et les crimes perpétrés par Israël avec la complicité absolue de l'impérialisme contre le peuple palestinien. Les massacres d’Israël se font «dans les murmures ou dans un silence total(...)» écrivait Jean Genet dans «Quatre heures à Chatila» (4).

 

La bourgeoisie et le sionisme politique ont ensemble enfanté un monstre qui ne cesse de grandir et menace le monde d'une guerre nucléaire dont les conséquences sont incalculables.

 

Israël, l'impérialisme américain et européen n'ont jamais accepté ni supporté la disparition de la dynastie des Pahlavi, qui était à leur service, et la naissance de la République islamique d'Iran en 1979. La dictature du Chah était l'une des plus féroces et des plus cruelles que l'impérialisme américain ait produit. La Savak, police politique du Chah, faisait régner la terreur par des pratiques d'une rare barbarie, empêchant toute velléité d'opposition au régime en place. Les compagnies américaines et britanniques notamment peuvent alors pomper à leur guise le pétrole iranien en toute quiétude.

Le fait que cette République religieuse et nationaliste refuse l'hégémonie impérialiste et nationalise ses richesses pétrolières et gazières a suffit pour placer l'Iran sur l'«Axe du Mal» parmi les «États voyous». Les Etats-Unis et Israël ne peuvent tolérer un pays comme l'Iran se développer et menacer leur hégémonie sur le Moyen-Orient, première région pétrolière du monde. Pour les dirigeants sionistes, l'Iran et son développement rapide constituent de surcroît un obstacle à la réalisation du «Grand Israël».

 

Il faut donc, vaille que vaille, détruire cette république. A la place, il faut installer un régime au service des intérêts impérialistes et sionistes. Et tous les moyens sont bons pour atteindre cet objectif. Embargo, sanctions en tout genre, assassinat de chercheurs scientifiques, ingérence dans les affaires politiques iraniennes etc., sont des armes que l'impérialisme et le sionisme utilisent pour mettre à genoux la République islamique d'Iran. On prépare également l'opinion publique internationale à une éventuelle agression contre l'Iran par une intense et délirante propagande. La diabolisation des dirigeants iraniens, comme on a diabolisé tous les dirigeants des pays que l'on a envahis, relève de cette intoxication et de cette gigantesque manipulation de l'opinion. Il faut créer un climat politique et psychologique propice à la guerre.

 

Mais l'État d' Israël veut aller encore plus loin. Et c'est le programme nucléaire iranien qui est cette fois visé. «L'Iran s'approche lentement mais sûrement du moment où il entrera dans une zone d'immunité» disait Ehoud Barak, ministre de la défense israélien (5). «l'Iran ne devrait jamais être autorisé à développer des armes nucléaires» insistaitNetanyahou devant l'American Israel Public Affairs Committee(AIPAC) (6).Détruire les installations nucléaires iraniennes est devenu l’obsession des dirigeants extrémistes israéliens. Benyamin Netanyahou en fait même la mission de sa vie(7).

 

Étrange situation ! Ce sont les pays impérialistes et leur créature le sionisme dont toute l'histoire n'est que cruauté, massacres et mépris absolu de la vie humaine qui accusent l'Iran de vouloir posséder la bombe nucléaire alors qu'ils détiennent l'essentiel de cette terrifiante arme ! Rappelons tout de même que les États-Unis ont utilisé par deux fois cette arme génocidaire contre les habitants d'Hiroshima et de Nagasaki en 1945 tuant dans des conditions atroces des dizaines de milliers d'hommes et de femmes. Aujourd'hui, ces pays possèdent des armes nucléaires autrement plus puissantes que celles qui ont dévasté les deux villes japonaises. Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et Israël s'arrogent le droit non seulement de détenir des armes nucléaires, hors de tout contrôle, capables probablement d'anéantir toute vie sur terre, mais aussi de les utiliser contre qui ils veulent et quand ils veulent. L'impérialisme et le sionisme constituent un danger réel pour tous les peuples de la planète.

 

 

Les peuples et en particulier les travailleurs n'ont nul besoin des guerres et des bombes nucléaires. Ils ont besoin d'un monde débarrassé justement de l'impérialisme et du sionisme surarmés, ennemis du progrès et de la paix. L'impérialisme et le sionisme ont semé trop de malheurs sur cette terre en dressant les peuples les uns contre les autres. Seules l'entente et la fraternité entre les classes ouvrières du monde entier permettront de mettre un terme à l'hégémonie capitaliste et son rejeton sioniste.

 

Mohamed Belaali

 

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(1) Voir la traduction en français:

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/04/05/gunter-grass-ce-qui-doit-etre-dit_1681403_3214.html?ROSAE_PREVIEW

 

(2) Voir sur ce point, l'excellent livre de Lotfallah Soliman: «Pour une histoire profane de la Palestine». Éditions La Découverte, 1989.

 

(3) Weizmann Chaïm « Naissance d'Israël», Gallimard, Paris, 1957, page 183, cité par L. soliman, op.cit, page 26.

 

(4) Jean Genet, L’ennemi déclaré. Textes et entretiens. Gallimard. Page 243.

 

(5) http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/13/la-guerre-des-nerfs_1641768_3218.html

 

 

(6) http://www.juif.org/diplomatie-moyen-orient/168895,netanyahou-a-l-aipac-il-faut-stopper-un-iran-nucleaire.php

 

(7) http://www.legrandsoir.info/Une-hysterique-propagande-contre-l-Iran.html

 

 

 

 

 

Par M B
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Jeudi 22 mars 2012 4 22 /03 /Mars /2012 22:16

 

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Avec ses dizaines de millions de chômeurs, de précaires, de pauvres, de sans abris etc., l' Europe s'enfonce profondément dans la misère. Les peuples d'Europe, comme des «esclaves», sont réduits à vivre au jour le jour sous la dictature brutale du capital. Leur vie et leur destin sont entre les mains des multinationales, des marchés financiers, des agences de notation, des experts de l'Union Européenne, de la BCE, du FMI qui décident à leur place. Les gouvernements leur répètent à longueur de journée et de nuit que leur prospérité, leur salut et leur bonheur résident dans les plans de rigueur et d'austérité. Et lorsqu'on leur organise des élections, les instituts de sondages et les médias se chargent de les «aider» en leur dictant leur choix. Cette «farce démocratique» se produit régulièrement et porte à la tête de l'État des partis dont la mission est d' exécuter les ordres des monopoles qui détiennent, eux, le véritable pouvoir. Parfois, la classe dominante ne juge même pas utile de procéder aux élections. Elle choisit directement ses gouvernements sans se soucier le moins du monde de l'avis des populations. Quelques jours seulement ont suffit pour remplacer Georges Papandreou et Silvio Berlusconi. A leur place, la bourgeoisie a mis des hommes qui vont servir ses intérêts d'une manière plus brutale et plus violente en appliquant sa politique de destruction de ce qui reste encore du tissu économique et social. La Grèce et l'Italie sont désormais sous tutelle de l'Union européenne. La souveraineté nationale et la démocratie sont ainsi vidées de leur contenu et transformées en mascarade grossière et ridicule.

 

En Espagne, J.L. Zapatero a ruiné son pays à coups de plans d'austérité avant de céder sa place à Mariano Rajoy. Quelques mois seulement après les élections législatives de novembre 2011, les espagnols se sont rendus compte que M. Rajoy pour lequel ils ont voté massivement applique les mêmes recettes économiques que J.L Zapatero. Plus de 100 000 chômeurs supplémentaires rien que pour le mois de février 2012, portant le nombre total d'hommes et de femmes privés d'emploi à 4,7 millions, record absolu pour l'Espagne de Zapatero et de Rajoy ! (1). Déçu, désemparé et révolté, le peuple d'Espagne est sorti massivement le 19 février 2012 et se mettra en grève générale le 29 mars pour protester contre cette politique de misère imposée par le capital par gouvernements interposés. Les régions autonomes de Valence (2) et de Galice (3) connaissent de fortes mobilisations populaires contre cette même politique misérable menée par le gouvernement régional et central. En Andalousie, durement frappée par le chômage, les ouvriers agricoles renouent avec l'occupation des terres. Depuis le 4 mars 2012, 500 journaliers agricoles occupent la Finca Somonte près de Cordoba (4). Cette occupation des terres rappelle les glorieuses luttes menées par les habitants de Marinaleda dans les années 80 (5).

 

Les Pays-Bas, présentés avec l'Allemagne comme un modèle à suivre et à qui les agences de notation ont accordé le «triple A» connaissent à leur tour une nette augmentation du chômage et une récession persistante (6). Comme les autres pays de l'Union Européenne, ils subissent de plein fouet la crise du capitalisme. La bourgeoisie hollandaise va profiter de cette situation pour tailler dans les dépenses publiques de l'Éducation et de de la Santé notamment. Elle profitera également pour «flexibiliser» un peu plus le marché du travail au grand bonheur des patrons néerlandais.

 

Les quelques différences de degré et non d'essence qui existent entre l'UMP et le PS, deux partis qui alternent au pouvoir en France depuis des décennies au mépris de ce qu'ils appellent les «petits partis», ne suffiront évidemment pas pour renverser cette tendance de fond. Bien au contraire, cette alternance, profondément ancrée dans l'Union Européenne, ne fait qu'empirer la situation économique et sociale des travailleurs. La bourgeoisie française, comme toutes les autres bourgeoisies européennes, est déterminée à venir à bout de l'ensemble des acquis sociaux arrachés de haute lutte par des générations successives.

Tout au long de la campagne électorale, la classe dirigeante française a distillé, comme un venin mortel, son discours haineux et fascisant et a créé un climat étouffant et détestable. Jamais la France n'a connu une campagne électorale aussi médiocre que dangereuse. Globalement elle a réussi relativement facilement à occulter durant toute la campagne électorale, grâce à ses médias, les malheurs qui rongent la vie des citoyens au quotidien (chômage, précarité, Santé, Éducation, logement etc.). Et quel que soit le parti qui sortira vainqueur des élections présidentielles et législatives de 2012, il aura comme tâche essentielle de poursuivre la politique d'austérité avec toutes ses conséquences dramatiques sur les couches populaires.

 

Dans toute l'Europe, avec ou sans élections, à l'Est comme à l'Ouest, c'est toujours la même politique servant les mêmes intérêts qui est poursuivie : maximisation des profits quel que soit le prix à payer par les populations.

 

Corruption, scandales financiers, affaires en tout genre se multiplient au moment même où la bourgeoisie exige des classes populaires des sacrifices de plus en plus insupportables (7). Parachutes dorés, retraites chapeau, actions gratuites, primes, bonus et autres stock-options sont allègrement octroyés aux dirigeants des grandes entreprises même lorsqu'ils procèdent aux licenciements de ceux qui ont produit ces richesses, les salariés.

 

Pour masquer sa responsabilité dans la destruction massive des économies européennes et détourner la colère et le combat des travailleurs et des salariés en général des véritables problèmes économiques sociaux et politiques, la bourgeoisie européenne fabrique des boucs émissaires. L' Étranger, le Noir, le Musulman, le Rom, le Sans Papiers etc, dont la bourgeoisie n'a plus besoin de leur force de travail, sont présentés à une population traumatisée et paupérisée par les différents plans d'austérité comme les véritables responsables des malheurs de l'Europe. La classe dirigeante tente, par cette stigmatisation généralisée, d'occulter sa faillite économique et morale. Elle mobilise alors les gouvernements, les médias, la justice etc., pour traquer ces ennemis qui «volent» l'emploi des «vrais» européens et rabaissent «la civilisation européenne». Rappelons pour mémoire que c'est au nom de cette même «civilisation» que la bourgeoisie européenne, poussée par la recherche effrénée du profit, a envahi et colonisé le monde entier au prix des pires massacres de l'histoire. Les crimes de la bourgeoisie en Europe et dans le monde, souvent au nom de cette prétendue «civilisation», sont innombrables et dépassent le cadre de cet article.

 

Mais malgré tous ces malheurs, le capital et la classe qui le porte, la bourgeoisie produisent et préparent en même temps les conditions matérielles de transformation sociale et du dépassement du capitalisme. Les travailleurs et les salariés en général n'ont absolument rien à attendre de ce système qui les opprime. Par contre, ils ont tout un monde à gagner en travaillant unis à leur propre émancipation. Rappelons que dans ce système la vie des hommes en elle-même, n'a aucune valeur !

 

L'abolition du capitalisme et la construction du socialisme restent les seules perspectives. Le socialisme, toutefois, n'est pas un dogme, un modèle, un idéal, mais un mouvement qui puise sa force dans la réalité économique, sociale et politique engendrée par le capitalisme lui-même.

La société bourgeoise actuelle a de plus en plus de mal à masquer l'opposition entre le développement prodigieux des sciences et techniques qui donne une puissance scientifique à la production jamais égalée dans l'histoire et le partage des richesses qui restent concentrées entre les mains d'une minorité: richesses fabuleuses pour une petite partie de la population d'un côté et misère sordide pour la majorité de l'autre!

 

L'exemple de la situation matérielle des couches populaires, par rapport à la minorité dominante en Grèce, en Espagne, au Portugal, et bientôt en Italie, au Royaume-Uni, en France, sans parler des pays de l'Europe de l'Est, est éloquent à cet égard. Le développement des associations caritatives comme les Restos du Cœur en France ou la distribution de la soupe populaire par les mairies et l'église en Grèce, le travail des enfants qui quittent l'école pour aider leurs parents au chômage, ne sont que quelques signes visibles de cette misère qui s'étend en Europe. Le paupérisme en Europe est une réalité que la propagande de la classe dominante a du mal à cacher.

 

Mais le capitalisme ne disparaîtra pas de lui-même. Plus il s'enfonce dans la crise et plus il devient dangereux. On le voit en Europe avec les agissements du capital financier qui est une composante essentielle du système pris dans sa globalité. On le constate également dans le monde arabe où l'impérialisme tente de briser, directement ou indirectement, l'élan et la vitalité révolutionnaires des peuples. En Amérique latine, il utilise tous les moyens en sa disposition pour anéantir ou bloquer les expériences originales d'un certain nombre de pays qui tentent de sortir du capitalisme pour aller vers le socialisme : contrôle des ressources naturelles, nationalisation de vastes secteurs de l'économie, répartition plus équitable des richesses, accès universel à l'Éducation et à la Santé, protection de l'environnement, résistance à l'impérialisme américain etc. etc.

 

Le crépuscule du capitalisme ne signifie donc pas l'aube du socialisme. Si certains pays d'Amérique latine déploient des efforts réels pour progresser vers le socialisme du 21ème siècle, l'Europe, elle, s'enfonce dans la nuit obscure du capitalisme : privatisations de tous les secteurs de l'activité économique, asservissement total au capital, montée du néo-fascisme, guerres intérieures et extérieures, mépris absolu de la vie des hommes, etc. etc. Malheureusement, le projet du passage à la société socialiste n'est qu'un horizon lointain pour les forces du progrès en Europe. Laminée par le chômage de masse et «la guerre de tous contre tous» sur un marché du travail désormais mondialisé, la classe ouvrière en Europe peine à produire des directions syndicales et politiques capables de résister efficacement aux assauts du capitalisme. La bourgeoisie tire sa force de la faiblesse de ses ennemis de classe.

 

Pourtant, ici ou là des révoltes éclatent. Elles sont encore timides, émiettées, isolées les unes des autres, éphémères et sans projet réellement socialiste. Mais la fuite en avant de la bourgeoisie dans les politiques d'austérité va aggraver encore la situation matérielle de vastes couches de la population. Les travailleurs et l'ensemble des victimes du capitalisme en Europe doivent se préparer à de nouveaux combats s'ils ne veulent pas voir leurs conditions d'existence empirer. Les forces du progrès, dans chaque pays d'abord, doivent amplifier les mobilisations qui existent déjà avant de les étendre à toute l'Europe ensuite. La lutte contre le capitalisme vieillissant ne doit pas se limiter à une guerre d'escarmouches contre ses effets. Il faut œuvrer en même temps à sa disparition et à la construction du socialisme.

 

 

Mohamed Belaali

 

 

 

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(1) http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120302trib000685974/un-jeune-espagnol-sur-deux-au-chomage.html

 

(2) Voir le journal Le Monde du 1er mars 2012, page 2,

 

(3) http://www.elmundo.es/elmundo/2012/03/11/galicia/1331473505.html

 

(4) http://www.medelu.org/Tierra-y-libertad

 

(5) http://belaali.over-blog.com/article-un-village-andalou-55816840.html

 

(6) Le Monde du 4/5 mars 2012 page 5.

 

(7) http://belaali.over-blog.com/article-qu-elle-est-jolie-la-republique-bourgeoise-53498647.html

Voir également l'enquête Eurobaromètre de la Commission Européenne :

http://ec.europa.eu/luxembourg/news/frontpage_news/12_2012_fr.htm

 

 

Par M B
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 19:29

 

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Une année déjà ! Une année chargée de luttes, de sacrifices et surtout d'espoir. Espoir de voir enfin le Maroc débarrassé du joug du Makhzen, de la torture, de la corruption, de l'ignorance et de la misère.

 

Une année de marches dans la dignité! Hommes, femmes et enfants marchent des heures durant à travers tout le Maroc, soudés et unis par cette foi inébranlable dans une société meilleure. Par ce mouvement, les masses opprimées s'opposent obstinément à un système archaïque, sclérosé et figé qui les opprime. Ni la nouvelle constitution octroyée par le Palais, ni les élections législatives organisées par le Ministère de l'intérieur, ni le départ des islamistes d'Al Adl Wal Ihsane ( Justice et bienfaisance) des rangs du Mouvement du 20 février n'ont pu arrêter ces marcheurs de la dignité. Répartition équitable des richesses, démocratie, dignité etc. exigent les contestataires.«Vive le peuple, à bas le Makhzen», «à bas la dictature»scandent à l'unisson et sans relâche les manifestants. Ce cri collectif jaillit des décennies d'esclavage social, d'humiliations et de frustrations.

 


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L'antagonisme du Mouvement du 20 février et du Makhzen reflète, en dernière analyse, l'opposition entre les oppresseurs et les opprimés. Le grand mérite du Mouvement réside dans son existence même. Il a ravivé une lutte de classes que le pouvoir croyait révolue. Jamais l'histoire récente du Maroc n'a connu une période aussi riche et aussi chargée de luttes populaires intenses même si le combat contre le Makhzen ne date pas du 20 février 2011. Le Mouvement a libéré la vitalité et la créativité des masses opprimées qui ont fait preuve d'une grande maturité politique et organisationnelle. Dans la lutte, elles ont aussi appris à relever la tête et à se dresser contre leur ennemi de classe. Les contestataires n'ont désormais plus peur d'exposer à la face du régime leurs revendications et leurs buts. Ils sont prêts à soutenir une lutte de longue halène. Ces «damnés de la terre» savent que le pouvoir ne lâchera rien sans combat et sans sacrifices. Ils sont en quelque sorte condamnés à marcher, à se battre, à offrir des martyrs, des blessés et des prisonniers. Ce sont les masses qui font l'histoire !

 

En parallèle des marches pacifiques hebdomadaires, éclatent ici où là des révoltes populaires spontanées : Taza, Salé, Al hoceima, Khouribga, Beni Mellal, etc. Les villes marocaines, phénomène nouveau, deviennent de plus en plus solidaires les unes des autres car elles subissent les mêmes problèmes de chômage, de la hausse continue du coût de la vie, de la dégradation des services publics et, d'une manière générale, de la marginalisation des classes populaires.

Des hommes et des femmes, poussés par des injustices et des humiliations insupportables, vont jusqu'à mettre le feu à leur propre corps se transformant ainsi en torches humaines. Le souvenir de Mohamed Bouazizi est toujours vivant dans la mémoire collective et individuelle. Ainsi se poursuit un combat permanent, multiformes et parfois tragique contre le despotisme et la misère malgré la répression, les intimidations et les manœuvres en tout genre du pouvoir et de ses alliés de classes.

 

 

Face au Mouvement, se dressent, en plus du Makhzen et son appareil répressif et médiatique, toute une kyrielle de partis politiques anciens et nouveaux, tous domestiqués par le Palais depuis longtemps : le Parti de l'Istiqlal (conservateur), l'Union Socialiste des Forces Populaires (social-démocrate), le Parti de la Justice et du Développement (islamiste) installé aujourd'hui au gouvernement par le Palais, le Parti du Progrès et du Socialisme (ancien parti communiste) et un ensemble de partis créé de toutes pièces par le Makhzen au gré des élections qu'il fabrique régulièrement depuis l'indépendance politique du Maroc en 1956. Contrairement à la Tunisie de Ben Ali ou à l'Égypte de Moubarak qui ont éliminé ou poussé à la clandestinité les organisations politiques (en dehors des Frères Musulmans en Égypte), le régime marocain, lui, multiplie le nombre de partis qui servent ses intérêts, consolidant ainsi son hégémonie et sa domination de classe.

 

Le Mouvement est également combattu par l'impérialisme et les monarchies pétrolières du Golfe(1). Le soutien de ces forces ennemies du progrès et de la démocratie au Makhzen est total. En France par exemple, le Maroc est présenté comme un modèle à suivre. Les aspirations du peuple marocain à la démocratie et à la modernité ne pèsent pas lourd face aux intérêts économiques de la bourgeoisie française au Maroc (2). Les médias bourgeois occidentaux, quasiment tous entre les mains d'industriels et de financiers, et Al Jazeera propriété du «grand démocrate», l'émir du Qatar, se taisent lamentablement sur les manifestations pacifiques qui se déroulent depuis plus d'un an non seulement au Maroc, mais aussi à Bahreïn, au Yémen, en Jordanie, en Arabie Saoudite etc. Le silence de ces médias sur ces luttes n'a d'égal que l'hystérique propagande contre la Syrie et l'Iran.

Le citoyen européen, américain, canadien etc. n'a droit qu'à la propagande grossière qui le rabaisse et le prive des liens de solidarité et de fraternité avec les peuples réellement en lutte contre l'absolutisme. Il risque de se trouver ainsi dans une position qui peut l'amener à soutenir les manœuvres impérialistes de son propre gouvernement.

 

Le Mouvement du 20 février doit montrer aux masses populaires que la lutte contre le Makhzen ne suffit pas si elle n'est pas accompagnée par un combat anti-impérialiste. L'impérialisme est partout l'ennemi des peuples et du progrès. Il tente d'écraser les soulèvements authentiques des peuples du monde arabe contre des régimes d'un autre âge, soit pour maintenir au pouvoir ces régimes, qui servent ses intérêts, soit pour renverser des gouvernements qui ne lui sont pas totalement soumis. Ainsi il a écrasé dans le sang la révolte du peuple de Bahreïn par l'intermédiaire d'une «grande démocratie», l'Arabie Saoudite(3). Il a détruit tout un pays, la Libye pour y installer un nouveau régime lui permettant de pomper allègrement le pétrole du peuple libyen. La Libye aujourd'hui ressemble à un vaste centre de torture que même les ONG comme Médecins sans Frontière (MSF) rechignent à devenir «l'auxiliaire des tortionnaires». «L'intervention militaire avait été conduite en 2011 au nom de la «protection des civils», mais voilà que l'image du «combat pour la liberté» mené en particulier par la France et le Royaume Uni, apparaît terni par les exactions que commettent des anciens rebelles» écrivait dans son édition du 19/20 février 2012 Le Monde, journal bourgeois par excellence et ardent défenseur de l'intervention de l'OTAN en Libye. L'impérialisme tente aujourd'hui d'envahir la Syrie, comme hier il a envahi l'Irak, pour asservir son peuple et pour mieux peut-être affaiblir demain l'Iran (4).

 

Le Mouvement du 20 février doit également accorder une large place dans ses revendications à l'émancipation de la femme marocaine notamment dans le domaine économique et scolaire. Dans le Maroc d'aujourd'hui, l'accès des femmes au marché du travail reste faible (28 femmes contre 84 hommes) et plus de la moitié d'entre elles ne sait ni lire ni écrire. Leur revenu est quatre fois inférieur à celui des hommes (5). Mais sans la participation massive des travailleurs, des précaires, des chômeurs et des paysans pauvres, il sera difficile pour le Mouvement d'élever le niveau et l'intensité de la lutte des classes et, partant, d'élargir le champs de ses revendications.

 

Malgré ses faiblesses, le Mouvement du 20 février reste un événement majeur dans l'histoire des luttes de classes au Maroc. Il a pu courageusement tenir tête à tous ses ennemis, à commencer par le puissant Makhzen. Les masses populaires opprimées n'espèrent pas des miracles du Mouvement. D'autres étapes et d'autres combats l'attendent. Elles savent que la lutte sera dure et la marche vers cette forme de vie supérieure sera longue. Mais elles savent également que le processus de changement et de transformation sociale est enclenché.

Par ses manifestations hebdomadaires pacifiques, le Mouvement du 20 février a redonné considération, dignité et espoir à toutes celles et ceux qui, hier encore, étaient sans espoir.

 

Mohamed Belaali

 

 

 

 

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(1) http://www.lopinion.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=19291

http://www.aufaitmaroc.com/actualites/maroc/2011/12/20/ccg-fonds-de-developpement-de-25-milliards-de-dollars-pour-le-maroc

 

 

(2) http://www.lavieeco.com/news/economie/750-entreprises-francaises-implantees-au-maroc-et-90-milliards-de-dh-investis-17073.html

 

(3) http://belaali.over-blog.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

 

(4) http://belaali.over-blog.com/article-l-imperialisme-est-l-ennemi-des-peuples-le-cas-de-la-syrie-95898575.html

 

(5) Voir le rapport du Forum économique mondial : https://members.weforum.org/pdf/gendergap2010/Morocco.pdf

Par M B
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