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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 20:15
Que l'étincelle grecque embrase toute l'Europe !

La Grèce, pays de Thalès, de Socrate, de Démocrite et d’Épicure, pour ne citer que ceux-là, est aujourd'hui mise à terre, méprisée et humiliée par une horde de barbares, comme des vampires sans foi ni loi, qui pompent et vident le peuple grec de sa substance vitale. Ils portent des noms étranges : Fonds vautours, hedge funds, Zinzins, Troïka etc. Certains sont même sans visage : marchés financiers, Fonds de pension, Fonds de placement, agences de notation, Fonds souverains, Fonds européen de stabilité financière etc. Ils utilisent un langage dont les mots signifient souvent le contraire de ce qu'ils annoncent : réforme, stabilité, solidarité, assistance, dialogue, modernisation, aide, sauvetage. Le caractère monstrueux de ces mensonges reste, pour l'immense majorité des citoyens, invisible. Leurs discours omniprésents et omnipotents n'ont de sens que dans le contexte de la propagande, en dehors de ce cadre ils restent des sons vide de tout sens. Avec ou sans visage, ils poursuivent tous inlassablement un seul et même objectif : confisquer les richesses de tout un peuple pour les transférer par des mécanismes complexes aux banquiers, aux créanciers, aux spéculateurs, aux usuriers et autres parasites du monde entier.

Ces monstres sont soutenus, encouragés et protégés par des hommes et des femmes plus ou moins impliqués dans des affaires de corruption, de scandales fiscaux, de mœurs comme Dominique Strauss khan ancien président du FMI, remplacé par Christine Lagarde (affaire Tapie-Crédit lyonnais), Jean Claude Juncker président de la Commission européenne(affaire LuxLeaks, accords secrets passés avec 340 multinationales qui leur permettent de transférer leurs profits au Luxembourg pour échapper à l'impôt sur les bénéfices) etc.

Ces dirigeants corrompus ou dissolus s'appuient eux-mêmes sur des politiciens dont la seule et unique mission est de servir les puissants : A. Merkel, W. Schäuble (ministre allemand des finances) N. Sarkozy, F. Hollande, D. Tusk (président du Conseil européen), George Papandréou et Antonis Samaras (anciens premiers ministres grecs chantres de l'austérité) etc.

Leur soif du sang grec est insatiable. Plus ils en sucent, mieux ils se portent. Plus la situation économique est catastrophique plus ils exigent de se servir davantage et cela jusqu'au dernier euro. Même les plages, les forêts, les ports, les sites culturels, les autoroutes, les îles, la Poste, les chemins de fer, les aéroports etc. doivent passer entre les mains de spéculateurs dont le visage hideux change constamment. La privatisation doit être totale, intégrale.

La meute, comme les chacals, ne quitte jamais sa proie avant de l'épuiser pour mieux la dévorer ; c'est la curée. Elle s'attaque d'abord aux maillons faibles, les PIGS (cochons) comme les appellent avec mépris les technocrates de Bruxelles : Portugal, Italie, Grèce et Espagne avant de se retourner contre les autres pays membres de l'Union. La Grèce ne constitue que le point de départ vers un modèle qui sera généralisé et où la meute des spéculateurs, des banquiers et autres créanciers dominera les peuples d'Europe qui perdront leur autonomie, leur souveraineté et la maîtrise de leur destin. Ils seront ainsi réduits à travailler sans relâche, comme des esclaves, pour le plus grand bonheur des détenteurs du capital.

Le peuple grec s'est montré cependant plus résistant et plus combatif que ne l'imaginaient ses oppresseurs. Il s'est dressé courageusement face à ses tyrans qui veulent le réduire à l'esclavage. Mais dans ce combat inégal, le peuple grec est quasiment seul. Les bourgeoisies de tous les pays et leurs institutions se sont coalisées contre ce petit pays. Non seulement elles lui imposent une succession de plans d'une extrême austérité qui ont ruiné son économie, mais elles lui dictent ses choix politiques et la manière même de choisir ses propres dirigeants. J.C Juncker, président de la Commission européenne, avait appelé pour les élections législatives anticipées du 25 janvier 2015 à voter contre A.Tsipras dont le programme s'opposait justement à cette terrible politique d'austérité qui a plongé la Grèce dans la misère et le désespoir. Et lorsque A. Tsipras, face aux ultimatums de la meute des créanciers et leurs représentants, a décidé de faire appel au peuple pour dire « Non » à un énième plan d'austérité en organisant un référendum, J.C Juncker, encore lui, appelle à voter pour le plan des créanciers ( réduction des pensions de retraite, augmentation de la TVA supportée essentiellement par les plus démunis, baisse du nombre et des salaires des fonctionnaires etc.).

Le combat du peuple grec montre d'une manière éclatante combien les institutions européennes sont antidémocratiques. Le mépris de la volonté des peuples et de la démocratie est une constante de l'Union. Rappelons pour mémoire que les peuples danois, français, néerlandais et irlandais ont rejeté par référendum le traité de Maastricht, le projet de traité constitutionnel et le traité de Lisbonne en 1992, en 2005 et en 2008. Mais cette volonté populaire a tout simplement été ignorée par l'Union européenne. Sa réaction épidermique et agressive contre le référendum grec du 5 juillet 2015 montre combien il lui est insupportable d'accepter le moindre processus permettant aux peuples d'exprimer leur volonté. La plupart des décisions de l'Union européenne sont prises dans l'ombre pour ne pas dire dans l'obscurité la plus totale. Les négociations qu'elle a menées avec les États-Unis pour conclure un accord de libre échange (Trans-Atlantic Free Trade Agreement ou TAFTA) est un exemple éloquent de cette opacité. Les intérêts qu'elle défend sont en totale contradiction avec ceux des peuples. L' Union se présente ainsi comme un pouvoir indépendant et au-dessus des citoyens. Elle est l'ennemie des peuples et de la démocratie. La démocratie du capital reste un concept creux sans contenu réel utilisé par la classe dominante comme instrument idéologique au service exclusif de ses intérêts.

Le combat du peuple grec n'est donc pas seulement économique, il est aussi politique et constitue une véritable lutte pour des valeurs et des principes de démocratie et de souveraineté des peuples : «Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec.» a déclaré A.Tsipras dans la nuit du 26 au 27 juin sur la télévision publique grecque (1).

Cette lutte inégale qui semble perdue d'avance reste cependant porteuse d'espoir. Elle élargit un peu plus les fissures , encore minuscules, qui apparaissent dans cette construction hideuse qu'est l'Union européenne. Ce combat nous enseigne également que la social-démocratie sous toutes ses formes (PASOK, SPD, PS, PSOE, Parti travailliste etc.) porte une lourde responsabilité dans l'étouffement des mouvements sociaux et constitue un frein à toute transformation qualitative de la société. Elle est au service de la classe dominante (2). Il faut donc construire une alternative en dehors de ce courant politique. Les contradictions entre les intérêts des peuples et ceux des institutions européennes n'exploseront pas d'elles-mêmes. Le combat du peuple grec peut servir d'étincelle qui embraserait toute l'Europe si les autres peuples prenaient conscience de l'urgence du changement. Mais même la conscience la plus lucide, reste impuissante tant qu'elle ne s'appuie pas sur des forces sociales organisées et déterminées à mener ce combat jusqu’à son terme. Seule la classe ouvrière, négation vivante de l'ordre établi de part sa position dans le processus de production, a objectivement intérêt à se préparer à cette lutte que lui impose le capital. Elle trouvera en face d'elle une classe puissante qui possède tous les pouvoirs et qui est déterminée à briser la moindre résistance afin de perpétuer ses privilèges. La classe ouvrière, même affaiblie par un chômage de masse, n'a d'autres choix que de se dresser contre la dictature du capital si elle ne veut pas que sa situation matérielle déjà dégradée ne s’aggrave encore davantage. Mais ce combat de longue haleine ne peut-être mené efficacement que dans l'unité de l'ensemble des travailleurs.

Prolétaires de toute l'Europe unissez-vous.

M.B

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(1) http://syriza-fr.org/2015/06/27/allocution-du-premier-ministre-a-tsipras-au-peuple-grec-le-choix-au-peuple-souverain-referendum/

(2) http://belaali.over-blog.com/article-social-democratie-et-collaboration-de-classes-50152165.html

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 17:54
Qu'elle est jolie la république bourgeoise ! (acte 4)

« Le vol est la passion maîtresse de la bourgeoisie, et il faut qu'à tout prix

elle satisfasse sa passion». Paul Lafargue.

Un premier ministre qui voyage avec ses deux fils aux frais des contribuables, un ancien président de la République condamné en correctionnelle à deux ans de prison avec sursis, un autre ancien président poursuivi par la justice pour une demi-douzaine d'affaires, un ancien ministre de l'intérieur utilise de l'argent public pour ses dépenses privées, un éphémère secrétaire d’État refuse de payer ses impôts, un conseillé du président de la République se fait cirer ses trente paires de chaussures de luxe au château, etc. etc. Il ne s'agit là que du début d'une très longue liste d'hommes sans éthique ni morale politique. Et même ceux parmi ces dirigeants qui sont honnêtes et intègres, sont obligés de laisser faire, montrant ainsi leur impuissance face à un système qui les dépasse.

Une seule chose compte pour eux : servir les puissants qui leurs permettent de se servir dans les deniers publics. Leur mépris du peuple n'a d'égal que leur vile soumission aux plus riches. Tous ces hommes corrompus mènent directement et indirectement des politiques de classe qui consistent à confisquer la richesse produite par l'immense majorité pour l'offrir à une minorité de parasites.

Le parti « Socialiste » comme l'UMP (les Républicains aujourd'hui) qui alternent au pouvoir déploient un zèle singulier à servir les puissants : destruction systématique des services publics de l’Éducation, de la Santé, des Transports, de l'Emploi, de la Culture, baisse continue des retraites, précarisation et flexibilisation du marché du travail, démantèlement du Droit du travail, augmentation de la TVA payée essentiellement par les plus démunis, cadeaux fiscaux pour les plus riches, des milliards d'euros octroyés sans contrepartie aucune aux banques et aux grandes entreprises, bref tout pour le capital et les patrons et rien pour le travail et les travailleurs.

La rigueur de cette politique d'austérité contraste violemment avec la lâcheté et la misère morale de ceux qui l'appliquent.

La paupérisation de larges franges de la population est la conséquence directe de cette politique économique de classe. Les « socialistes » par exemple qui ont tant promis au peuple, ont plongé le pays en si peu de temps dans la misère et le désespoir ouvrant ainsi la voie à une extrême droite toujours prête à sauter sur le pouvoir pour servir encore mieux les plus riches.

En contrepartie, la classe dominante les laisse se servir dans les fonds publics. Mieux, elle leur offre sa protection judiciaire et politique. Les hommes politiques corrompus sont rarement condamnés. La relaxe et le non lieu restent largement majoritaires et l’inéligibilité rarissime. Les condamnations, lorsqu'elles existent, se résument à des peines symboliques comme la prison avec sursis ou des amendes dérisoires par rapport aux sommes concernées. L'impunité n'est donc pas un sentiment mais une réalité. Mr. Sarkozy, malgré l'impressionnante liste des affaires qui le concernent reste insaisissable par la justice .

La politique, à condition de savoir gérer et servir les intérêts des riches, est un vaste domaine qui offre des possibilités fabuleuses d'enrichissement personnel ou de son organisation en puisant dans l'argent public.

Plus un homme politique est corrompu, plus il a de chances d'être réélu ! Le cas d'Alain Juppé est exemplaire à cet égard. L'ancien premier ministre de Jacques Chirac (1995 /1997) a été condamné en appel le 1er. décembre 2004 à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité pour « prise illégale d'intérêt » c'est à dire qu'il utilisait l'argent public pour rémunérer les militants de son propre parti (RPR à l'époque). Voici un court extrait des attendus justifiant cette condamnation : « Que la nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi ; qu’agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu’il était investi d’un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain » (1). Malgré cette condamnation, Alain Juppé est réélu en 2006 (élection partielle), en 2008 et en 2014 maire de Bordeaux et à chaque fois dès le premier tour !

Mr. Juppé se prépare maintenant à être président de cette République exemplaire et irréprochable. Mais le cas d'Alain Juppé n'est que l'arbre qui cache la forêt. Les hommes politiques condamnés ou inquiétés par la justice pour des scandales financiers et réélus sont innombrables. La classe dominante qui les nourrit a constamment besoin, pour ses propres intérêts, de ces politiciens corrompus. Elle est capable de produire et de reproduire autant que nécessaire cette catégorie d'hommes et de femmes qui ne reculent devant rien pour la servir.

Aujourd'hui on peut être un homme politique corrompu jusqu'à la moelle épinière et gagner les élections, c'est un trait caractéristique de la démocratie bourgeoise. Mieux, la corruption des hommes politiques est d'autant plus brutale, plus cynique que la République est plus démocratique.

On peut adopter les lois que l’on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l’une dans l’autre que l’on ne peut supprimer l’une sans éliminer l’autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre la corruption ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie dissimule ses forfaits. Le problème n’est donc pas l’existence de la corruption, des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd’hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe. Le véritable scandale, c’est le capitalisme lui-même.

M.B

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(1) http://www1.rfi.fr/actufr/articles/049/article_26255.asp

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 08:29
Peine de mort, violence policière et racisme aux États-Unis

«Toute violence politique repose primitivement sur une fonction économique»

F. Engels

Aujourd'hui la peine de mort et les crimes à répétition de la police américaine contre les noirs remplacent les lynchages, les bûchers, les mutilations et autres pendaisons d'hier. Mais derrière la violence raciale se cache l'oppression de classe.

Aux États-Unis, 32 États sur 50 appliquent encore la peine de mort.13 personnes ont été exécutées depuis janvier 2015. Plus de 3000 condamnés attendent dans les couloirs de la mort. On va taire par pudeur la cruauté de ces exécutions.

L'arme politique que constitue la peine capitale est essentiellement utilisée contre les classes défavorisées : 80% des condamnés sont sans ressources (1). Les privilégiés quant à eux, même en commettant les pires crimes, ont tous les moyens d'échapper à la mort.

Aux condamnations de classes, s'ajoutent les préjugés de race. La peine de mort constitue un indicateur essentiel du racisme anti-noir qui règne aux Etats-Unis. Ainsi, 42 % des condamnés sont noirs alors qu'ils ne représentent que 12 % de la population totale (2). 98 % des Procureurs, c'est à dire ceux qui décident réellement de la vie ou de la mort des accusés, sont blancs !(3).

Les crimes perpétrés par la police contre les citoyens noirs et pauvres se succèdent et se ressemblent. Des policiers blancs tirent à plusieurs reprises sur des noirs désarmés. Les policiers criminels sont très rarement condamnés (4). La complicité du système judiciaire américain avec l'institution policière est totale.

L'oppression raciale et l'oppression économique vont de pair. L'oppression raciale sert de justification et de légitimation à l'oppression économique. Pour comprendre cette relation et cette violence extrême exercée sur les noirs et les plus démunis en général, pour mieux les exploiter, il faut remonter aux XVIIème et au XVIIIème siècles avec la création des plantations coloniales qui nécessitaient une main-d’œuvre massive et servile.

Après l'extermination des indiens, les anglais et les français ont d'abord utilisé des esclaves blancs venus d'Europe. Mais avec le développement prodigieux des plantations de riz, coton, tabac et autres canne à sucre, le travail des esclaves blancs ne suffisait plus. L'importation d'esclaves africains devenait vitale pour la survie des plantations. L’Afrique est ainsi transformée comme disait Marx «en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires» (5). Il fallait absolument fournir ces plantations en force de travail la plus servile et la plus rentable possible :«Les esclaves sont envoyés dans toutes les plantations américaines de Sa Majesté qui ne peuvent subsister sans eux» (6). Aucun planteur n'était encore prêt à embaucher des salariés.

Ainsi la richesse fabuleuse accumulée par les planteurs américains était produite, sous le fouet, par des africains arrachés à leur continent par la force et la violence. Combien ont succombé à leurs souffrances dans les champs de coton, de tabac ou de canne à sucre ? Combien ont été castrés, mutilés, lynchés (7), brûlés vif, ou encore pendus ? Nul ne le sait avec précision.

A cette époque c'est à dire fin XVIIème et début du XVIIIème siècle, les esclaves blancs et noirs étaient considérés comme une main-d’œuvre servile et rentable, traités par conséquent avec la même violence. Les historiens rapportent même leurs luttes communes contre l'esclavage : «Parce qu'ils travaillent ensemble dans les mêmes champs, les premiers américains de race noire et de race blanche, à l'exception des aristocrates, ont tissé de puissants liens de sympathie et de réciprocité. Ils se sont révoltés ensemble » (8). L'esclave noir n'était pas considéré comme un être inférieur ou supérieur à l'esclave blanc. Seules comptaient leur productivité et leur rentabilité. On ne trouve dans les écrits des trafiquants d'esclaves de cette époque aucune trace, aucun relent de racisme (9).

L'apparition du racisme anti-africain a commencé avec la lutte pour l'abolition de l'esclavage dans un contexte de développement du salariat en Europe et en Amérique du Nord. Pour faire face à cette menace, défendre leurs privilèges et perpétuer l'esclavage, les planteurs, les marchands d'esclaves et les esclavagistes en général ont utilisé des théories pseudo-scientifiques montrant que le noir s'approche davantage du singe que de l'homme (10). Les blancs (les européens) sont donc supérieurs aux noirs (les africains) physiquement et intellectuellement. Le racisme vient ainsi justifier et légitimer l'esclavage. Le concept économique et social de l'esclavage est devenu un concept racial. Le racisme est un produit authentique de l'esclavage.

Le racisme anti-noir s'est nettement développé par la suite. Il a fallu toute une guerre civile (guerre de Sécession 1861/1865), dont le rôle des anciens esclaves était décisif, pour mettre un terme au commerce des êtres humains entre l'Afrique et les États-Unis.

Si l'esclavage a été aboli, au moins formellement, le racisme quant à lui continue à se développer au grès des vicissitudes du développent du capitalisme. A l'esclavage succède le salariat, nouvelle forme de servitude. Le racisme doit s'adapter à son tour, sans disparaître totalement, à la nouvelle forme d'exploitation pour mieux la servir.

Malgré la nouvelle situation, le Sud défait, humilié et ruiné continuait pourtant à s'accrocher à ses valeurs esclavagistes et racistes. La frustration et la haine du noir devenu citoyen, ont créé un climat propice au développement d'organisations terroristes et racistes. La plus connue et la plus violente aussi est certainement le Ku Klux Klan. L'organisation jouissait à ses débuts d'une grande popularité et d'une complicité des autorités politiques (président Andrew Johnson) et judiciaires( codes noirs, lois Jim Krow). Le Klan se présentait comme le défenseur de la suprématie de la race blanche menacée par le péril noir. Sa priorité était de s'attaquer aux noirs affranchis. L'organisation ne reculait devant aucun moyen pour terroriser la population noire: lynchages, bûchers sur les places publiques , pendaisons, assassinats, mutilations, viols etc. Il est difficile de donner un nombre précis des victimes noires du Klan (11).

Le Ku Klux Klan a connu plusieurs vies et plusieurs versions différentes de 1865, date de sa création, à aujourd'hui sans jamais abandonner réellement sa doctrine originelle, la suprématie de la race blanche et la haine du noir même si le racisme basé sur la supériorité biologique n'a aucune base scientifique. Le Klan a mené en fait un combat d'arrière garde. Il n'a jamais compris que l'esclavage ne correspondait plus à la réalité d'un capitalisme en plein développement et que le prolétaire avait remplacé l'esclave. De surcroît le prolétaire noir est plus rentable et plus corvéable que le prolétaire blanc.

Mais le nouveau Klan tente de s'adapter, avec beaucoup de retard et de difficultés, à la réalité d'aujourd'hui. Car le Ku Klux Klan est toujours utile pour la classe dominante ne serait-ce que pour entretenir et perpétuer, par son agitation et les préjugés raciaux qu'il propage, la division au sein de la classe ouvrière. Le Klan a réussi à transmettre à de nombreuses organisations racistes cette culture de violence et de haine envers la population noire. C'est d'ailleurs l'une de ces organisations, le « New empire knights » se réclamant du Klan, qui a appelé à soutenir Darren Wilson le policier qui a assassiné le jeune noir Michael Brown à Ferguson le 9 août 2014. Pour cette organisation, le policier blanc « n'a fait que son boulot contre le nègre criminel» (12).

Selon une équipe canadienne de recherche sur le terrorisme, le Klan entretient des relations étroites avec l'armée et les marchands d'armes (13). Mais, en dernière analyse, le Ku Klux Klan n'est qu'un instrument parmi tant d'autres entre les mains de la bourgeoisie américaine.

Le racisme, la violence et d'une manière générale l'oppression de classe et de race ne sont que des moyens au service du profit et de l'accumulation du capital. Le racisme a servi dans le passé l'esclavage, il sert aujourd'hui, sous des formes différentes, l'esclavage capitaliste, le salariat. Il est vrai aussi que cette violence revêt une dimension spécifique aux États-Unis du fait du fardeau de l'histoire. Le travailleur noir subit l'exploitation de classe mais aussi l'oppression de race. Pour les travailleurs noirs, la lutte contre le racisme est un combat quotidien, vital. Ils affrontent constamment, entre autres, les brutalités policières et la violence d'un système judiciaire qui les envoie souvent et injustement dans les couloirs de la mort. Mais la lutte des travailleurs noirs, aussi fondamentale soit-elle, ne suffit pas à les libérer des chaînes du capital. L'alliance avec les travailleurs blancs est indispensable pour améliorer leurs conditions quotidiennes d'existence et surtout pour entreprendre ensemble une lutte d'envergure pour l'abolition du salariat source de leurs division et de leur oppression.

MB

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(1) http://www.mrap.fr/international/peine-de-mort/la-peine-de-mort-aux-etats-unis-en-quelques-chiffres

(2) http://www.deathpenaltyinfo.org/documents/FactSheet.pdf

https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/us.html

(3) http://www.deathpenaltyinfo.org/WholivesFrench.pdf

(4)http://www.americanbar.org/publications/human_rights_magazine_home/human_rights_vol36_2009/spring2009/the_right_to_life_policing_race_and_criminal_injustice.html

(5) Le Capital - Livre premier. L'accumulation primitive.

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

(6) Document de la Royal African Company fondée en 1672, cité par S.U. Abramova in «Aspects idéologiques, doctrinaux, philosophiques, religieux et politiques du commerce des esclaves noirs »

http://unesdoc.unesco.org/images/0012/001236/123654fo.pdf

(7) L'origine du mot « lynchage » est controversée. Certains l'attribuent à William Lynch (1742-1820) , d'autres à Charles Lynch (1736-1796), d'autres encore citent Willy (ou Willie) Lynch auteur présumé d'un texte de 1712 où il explique comment briser la résistances des esclaves noirs. Mais dans tous les cas le terme « lynchage » désigne des exécutions sommaires et barbares se généralisant au sud des États-Unis notamment pour mieux soumettre la population noire.

(8) Lerone Bennett cité par Haïti Infos http://www.haitiinfos.net/2012/12/les-origines-du-racisme/

(9) S.U. Abramova, op cit. Voir également sur ce point les travaux de l'historien américain Isaac Saney

(10) Voir entre autres, les travaux de :

P. Camper sur l'angle facial http://fr.wikipedia.org/wiki/Petrus_Camper

Charles White dans An Account of the Regular Gradations in Man and in Different Animals and Vegetables, 1799. cité in :

http://www.deshumanisation.com/phenomene/negre-primate

(11) Par contre Equal Justice Initiative a publié récemment une étude sur le Lynchage aux Etats-Unis de 1877 à 1950 : selon ce rapport près de 4000 noirs, hommes, femmes et enfants, auraient été lynchés http://www.eji.org/files/EJI%20Lynching%20in%20America%20SUMMARY.pdf

(12) http://www.usatoday.com/story/news/nation-now/2014/08/19/ku-klux-klan-ferguson-police-michael-brown/14275115/

(13) http://www.erta-tcrg.org/cri6224/2004-2006/kkk1.htm

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 17:10
L'intervention saoudienne au Yémen

L'Arabie Saoudite est intervenue militairement au Yémen dans la nuit du mercredi au jeudi 26 mars 2015 avec l'aide des armées des pays du Golfe et des forces égyptiennes notamment.

Les États-Unis apportent leur soutien en logistique et en renseignement selon la porte-parole du Conseil national de sécurité (NSC) de la présidence américaine Bernadette Meehan.

Barack Obama a téléphoné au roi de l'Arabie saoudite pour l'assurer de son soutien. Le président yéménite Hadi a fui son pays sous protection saoudienne.

Une fois encore, L'Arabie Saoudite intervient dans les affaires intérieures du Yémen en violation flagrante du Droit international après avoir brisé le soulèvement pacifique de 2011.

Rappelons pour mémoire que cette révolte populaire a réussi à renverser le président Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 1978. Celui-ci s'est réfugié en Arabie Saoudite le lendemain du bombardement de son palais le 3 juin 2011 par le chef tribal Sadek al-Ahmar. C’est également l’Arabie Saoudite qui a soigné dans ses hôpitaux le président gravement blessé et permis enfin son retour au Yémen le 23 septembre de la même année. Et c'est à Riyad que l'accord de transfert de pouvoir entre Saleh et son vice président Abd Rabbo Mansour Hadi a été signé en présence du Roi d'Arabie (1).

Ces manœuvres saoudiennes ont créé une situation propice au chaos et à la guerre civile. Ce qui se passe aujourd'hui au Yémen est la conséquence directe de cette farouche volonté de l'Arabie Saoudite, sous l'égide de l'impérialisme américain, de maintenir le Yémen et toute cette région sous sa domination. L'Arabie Saoudite a toujours considéré le Yémen comme le prolongement de son propre territoire.

Rappelons également que c'est toujours l'Arabie Saoudite qui a envahi le petit royaume de Bahreïn le 14 mars 2011 mettant ainsi un terme, là encore, au magnifique combat pacifique contre la tyrannie de la dynastie des Al-Khalifa au pouvoir depuis plus de trois siècles.

La place de la Perle, au cœur de Manama la capitale de Bahreïn et haut lieu de la révolte populaire, a été évacuée dans le sang le 16 mars 2011. Le monument de la Place a été détruit et remplacé par les chars de l'armée saoudienne. Aujourd'hui encore, malgré une terrible répression, le peuple de Bahreïn résiste toujours à l'oppression dans l'indifférence absolue des bourgeoisies occidentales (2).

Toutes ces interventions contre des peuples en lutte sont rendues possibles grâce à la complicité totale des bourgeoisies américaines et européennes. Chaque soulèvement pacifique contre des régimes qui oppriment et maintiennent leurs peuples dans le sous développement et la misère, trouve sur son chemin l'impérialisme américain et ses alliés locaux à leur tête l'Arabie Saoudite. Chaque marche vers le progrès et la démocratie est stoppée par les forces réactionnaires qui cherchent à faire tourner la roue de l'histoire en arrière.

L'écrasement des soulèvements populaires et pacifiques des peuples du monde arabe, la destruction de l'Irak, de la Libye et la volonté de détruire la Syrie par l'impérialisme américain et ses alliés locaux ont créé les conditions matérielles pour le développement de l'obscurantisme, du terrorisme et de la guerre civile. L'impérialisme et la contre-révolution incarnée par l'Arabie Saoudite mènent une véritable guerre contre les aspirations à la démocratie et à la prospérité des masses opprimées.

L'impérialisme américain a toujours assigné au régime moyenâgeux d'Arabie Saoudite le rôle de rempart contre tout changement démocratique et progressiste dans cette région du monde.

Maintenir les peuples sous le joug de la servitude qui brise leur élan et leur vitalité reste pour l'impérialisme et ses valets locaux le meilleur moyen pour les dominer.

L'impérialisme est partout et toujours l'ennemi des peuples.

MB

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(1) http://www.belaali.com/article-manoeuvres-imperialistes-au-yemen-et-en-libye-86117584.html

(2) http://www.belaali.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 09:45
Charlie Hebdo et la liberté  bourgeoise d'expression

« Les idées dominantes d'une époque

n'ont jamais été que les idées de la classe dominante»

Karl Marx

«Je continue de prendre pour modèle de référence

le «Charlie» originel : le grand Charlie Chaplin qui ne s’est jamais moqué des pauvres»

Schlomo Sand

Rarement un concept n'a été aussi glorifié et exalté que la liberté d'expression. Président de la République, Gouvernement, Parlement et médias, dans une étrange communion, l'ont célébrée avec enthousiasme et exubérance. Et pendant que la classe dirigeante prétend défendre cette précieuse liberté, ses institutions répressives traquent, interpellent, jugent, condamnent et parfois emprisonnent tous ceux et toutes celles qui expriment une pensée différente ou tout simplement profèrent des mots vite interprétés comme faisant «l'apologie du terrorisme». Un climat détestable règne aujourd'hui en France. Une forme de terrorisme intellectuel et de fascisation des esprits s'installe insidieusement au nom de la liberté d'expression.

La classe dominante, sans vraiment le vouloir, présente sa liberté d'expression comme étant celle de toutes les autres classes sociales. Lorsqu'elle évoque la liberté d'expression, c'est à sa liberté qu'elle pense. Car elle est justement l'expression de ses propres intérêts. Ce qui est permis aux uns est interdit aux autres. Autrement comment peut-on expliquer cet acharnement à vouloir taire et étouffer tout ce qui se dresse, d'une manière ou d'une autre, contre la pensée dominante (voir le sort réservé aux syndicalistes, intellectuels contestataires, journalistes, humoristes, lanceurs d'alerte etc. etc. ). Les grands médias, qui ont une influence considérable sur l'opinion publique, sont concentrés entre les mains de puissants groupes industriels et financiers qui utilisent la liberté d'expression uniquement pour servir leurs intérêts économiques et idéologiques. La liberté d'expression reste un privilège de classe.

Est libre toute expression qui sert directement ou indirectement les intérêts dominants. Est suspecte, voire parfois criminelle, toute pensée différente. Même les enfants et les adolescents n'échappent pas à cette logique de suspicion et de répression (1). Leur parole spontanée heurte la vérité officielle. Il faut la condamner. Cette répression constitue par elle-même une éclatante négation de cette fameuse liberté bourgeoise d'expression.

Les idées autres que celles du pouvoir deviennent insupportables. Seule la liberté d'expression de la classe dominante doit régner: «L’école est en première ligne aussi pour répondre à une autre question car même là où il n’y a pas eu d’incidents il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves, et nous avons tous entendu les “oui je soutiens Charlie, mais…”, Les deux poids deux mesures. Pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ? Ces questions nous sont insupportables» déclarait une éminente représentante du Gouvernement (2). Donc plus de questionnements, plus d'interrogations, plus d'esprit critique, plus rien. Place au gavage et au dressage.

Beaucoup de professeurs travaillent aujourd'hui dans des conditions difficiles sous l’œil vigilant des parents d'élèves, de l'administration, de la police et des procureurs. Aucun professeur n'est à l'abri d'accusation, de dénonciation et autre délation.

Les citoyens ne doivent plus s'interroger sur le drame de Charlie Hebdo. Plus de questions sur les racines du terrorisme, sur le rôle des États-Unis, de la France, de l'Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie dans la création de ces groupes armés qui sèment aujourd'hui la terreur un peu partout à travers la planète . Ils doivent seulement répéter ce que le pouvoir pense à leur place. C'est la seule liberté d'expression qu'on leur laisse.

Plus de questions non plus sur la société française qui produit et produira probablement encore des monstres. Car le questionnement, les interrogations et la recherche des causes complexes internes et externes du terrorisme peuvent mettre en exergue les liens étroits qui existent entre les bourgeoisies occidentales et le terrorisme. Les terroristes ne tombent pas du ciel comme la pluie. Ils sont le produit de leur société et de leurs conditions matérielles d'existence (3).

Pour la classe dirigeante, ces questions sont tout simplement «insupportables». La bourgeoisie est donc incapable de supporter une véritable liberté d'expression. Elle adopte en permanence de nouvelles lois, de plus en plus répressives, pour protéger sa propre liberté d'expression et partant ses propres intérêts. Elle s'attaque directement non seulement aux actes, mais également aux opinions (nouvel article 421- 2-5 du code pénal). Ainsi l'emploi du terme « apologie » dans la loi du 13 novembre 2014 renvoie à un discours, un écrit ou une opinion qui fait l'éloge ou qui glorifie le terrorisme. La loi confond ici opinion, aussi choquante soit-elle, et acte. Un écrit justifiant le terrorisme est assimilable à un acte terroriste. Il s'agit donc d'une pénalisation du délit d'opinion, une restriction à la liberté d'expression comme l'envisage la Cour européenne des droits de l'homme (4).

Mais au-delà de l'aspect judiciaire, c'est la dimension politique et idéologique qui intéresse la bourgeoisie. Il s'agit à travers la lutte contre le terrorisme de créer un climat, un sentiment d'union nationale permettant et facilitant non seulement de nouvelles attaques contre les libertés individuelles dont la liberté d'expression mais également l'application de politiques d'austérité qui ravagent aujourd'hui la France. Cet état d'esprit, basé sur l'exploitation de l'émotion, de la colère et de l'indignation suscitées par le drame de Charlie Hebdo, doit se prolonger le plus longtemps possible tellement il sert les intérêts de la classe dirigeante. « L’esprit du mois de janvier 2015, c’est l’unité de la République(...) Cet esprit-là, je dois le prolonger » disait le chef de l’État (5).

La liberté d'expression est une arme idéologique redoutable entre les mains de la bourgeoisie qui lui permet de mieux combattre celle des autres. Elle l'utilise pour marginaliser et réduire ses adversaires au silence tout en se présentant, paradoxalement, comme la grande protectrice de cette précieuse liberté. En définitive, la liberté d'expression est le reflet de cette lutte des classes qui déchire la société capitaliste.

MB

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(1) http://www.franceinfo.fr/emission/france-info-numerique/2014-2015/apologie-du-terrorisme-un-enfant-de-8-ans-convoque-par-la-police-28-01-2015-22-10

Voir également

http://www.laprovence.com/article/edition-arles/3246613/chateaurenard-ils-navaient-pas-respecte-laffiche-je-suis-charlie.html

(2) http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2015/01/14/najat-vallaud-belkacem-je-mobilise-la-communaute-educative-pour-repondre-par-des-actes-forts/

(3) Même si le profil type du terroriste ou du djihadiste n'existe pas, il n'en demeure pas moins que les raisons profondes des terroristes français sont à chercher dans les conditions mêmes qui les ont vus naître et grandir. Il ne s'agit pas ici de justifier les horreurs et les crimes commis par ces terroristes et les souffrances qu'ils ont infligé aux familles des victimes, mais seulement d'évoquer très rapidement les situations économiques et sociales que subissent une partie des jeunes des classes populaires.

Quelle a été par exemple l'enfance des frères Kouachi ? Misérable ! Absence du père et une mère qui se prostituait pour pouvoir élever ses enfants. Abandonnée à son triste sort, elle a mis un terme à sa vie. Il ne s'agit là que d'un exemple parmi tant d'autres tellement la situation faite aux enfants des travailleurs immigrés par la classe dominante est insupportable. Parqués dans des ghettos entourant les grandes métropoles industrielles, ils subissent plus que les autres catégories de la population toute sorte de violence, d'humiliation, de rejet et de mépris. Leur religion est caricaturée au sens propre et figuré par une partie des médias et par des intellectuels au service de l'ordre établi. La laïcité est souvent utilisée comme une arme contre l'Islam et les musulmans de France. Le monde politique et médiatique leur est hermétiquement fermé. La liste des jeunes, morts dans les commissariats ou lors des interpellations est, hélas, trop longue. Échec scolaire, discriminations massives à l'embauche et au logement, insultes des hommes politiques (sauvageons, voyous, racaille, Kärcher, Casseurs... ), contrôles au faciès ont convaincu ces damnés de la terre qu'ils ne font pas partie de la communauté nationale. http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_onzus_2011.pdf voir également : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/114000053/0000.pdf

Rejetés, frustrés et désespérés, une petite minorité de ces jeunes tombent facilement dans les griffes des recruteurs professionnels qui les arrachent littéralement à leur milieu et à leur famille. Contre les humiliations accumulées, le djihad est vécu comme une revanche violente contre une République qui les a vus naître sur son sol, mais qui les a rejetés.

La propagande intense développée par les bourgeoisies occidentales contre le régime de Bachar a largement contribué au départ de ces jeunes pour la Syrie avec la complicité de la Turquie. Le soutien indéfectible des gouvernements occidentaux à l’État d’Israël et la destruction de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Libye et aujourd'hui de la Syrie avec l'aide des groupes terroristes qu'ils ont créés sont vus par ces jeunes non pas comme des calculs et des manœuvres de l'impérialisme pour servir ses intérêts économiques et stratégiques, mais comme une guerre de l'occident contre l'Islam et les musulmans.

(4) http://www.vigo-avocats.com/media/article/s6/id566/cff8e3f8340f9c9dc69208fa42eae912.pdf

(5) http://www.elysee.fr/conferences-de-presse/article/5e-conference-de-presse-du-president-francois-hollande-2/

Charlie Hebdo et la liberté  bourgeoise d'expression

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 17:52
Charlie Hebdo, manipulation politique et hystérie collective

Le sept, le huit et le neuf janvier 2015 dix-sept personnes sont tombées sous les balles des fanatiques religieux. Journalistes, dessinateurs, policiers, agent de nettoyage et de simples citoyens ont été froidement et lâchement assassinés par trois hommes se réclamant du groupe terroriste Al Qaeda. Ce massacre doit être dénoncé avec force et sincérité. Le crime ne doit laisser aucun homme, aucune femme indifférent et insensible à la douleur des familles.

Alors que le sang des victimes n'a pas encore séché, une étrange atmosphère s'est abattue sur la France. Rarement récupération politique, hypocrisie et cynisme ont atteint une telle intensité. Dans les médias, l'hystérie est à son paroxysme.

Au nom de «l'unité nationale» et au nom de «la liberté d'expression», on étouffe toute velléité et toute possibilité d'exprimer librement une pensée différente. Toute voix discordante est suspectée, marginalisée et subtilement réprimée. On doit tous, sans exception, être Charlie. La raison doit entrer en sommeil. Elle se réveillera peut-être plus tard. Pour l'instant seule compte la soumission totale à l'union sacrée contre le terrorisme. Une forme lente de fascisation des esprits s'installe insidieusement.

Les hérétiques n'ont pas leur place dans ce beau concert d'unanimité. Leurs pensées en elles- mêmes constituent une offense, un affront et une insulte au discours dominant.

Qui a créé le terrorisme et les terroristes ? Qui les arme, les finance, les entraîne ? Quel est le rôle des États-Unis, de l'Arabie Saoudite, du Qatar, de la Turquie et des gouvernements européens notamment français ? Qui incitait les jeunes à partir en Syrie mener la guerre sainte contre le régime de Bachar ? Qui a créé de toute pièce les rebelles syriens, libyens et les moudjahidins de la liberté ? Beaucoup d'interrogations qui sont aujourd'hui occultées et maintenues dans l'ombre. La foule doit rester dans l'ignorance. Et comme disait Orwell dans 1984 «L'ignorance c'est la force» !

L'unité doit être complète, parfaite, totale. Les hommes, les femmes, les enfants, les jeunes et les moins jeunes doivent marcher ensemble derrière le chef de l’État. Car «nous devons être nous-mêmes conscients que notre meilleure arme, c’est notre unité, l’unité de tous nos concitoyens face à cette épreuve. Rien ne peut nous diviser, rien ne doit nous opposer, rien ne doit nous séparer» (1).

Le président de la République demande, sans exception aucune, à tous les citoyens, partis politiques, syndicats, associations etc. de descendre dans la rue pour marcher main dans la main derrière Hollande, Sarkozy, Merkel, Rajoy, Cameron, les représentants de L'union et de la Commission européenne, du secrétaire général de l'OTAN (bras armé de l'impérialisme), Netanyahou, Avigdor Lieberman (deux criminels de guerre) et bien d'autres dirigeants responsables directement ou indirectement de l'existence même du terrorisme qui a tué, à Paris, froidement et lâchement dix-sept personnes innocentes et continue à semer la mort à travers toute la planète. «Les mauvaises graines qu’ils (les dirigeants) ont semées à travers la planète ont produit une moisson abondante de groupes dont la cruauté et la barbarie s’inspirent directement de celles de leurs maîtres. L’Arabie Saoudite, modèle de démocratie et du respect des droits de l’homme et surtout de la femme, décapite au sabre et en public chaque année des dizaines d’hommes. Or l’Arabie reste le soutien financier et idéoligique (le wahhabisme) le plus décisif des nombreuses organisations djihadistes réactionnaires » (2).

L'Islam, les musulmans, les enfants des travailleurs immigrés sont montrés du doigt et présentés par une partie de la population et par les médias comme responsables de la tuerie. Des mosquées ont été taguées, des vitrines kebab soufflées par des explosions, des voitures appartenant à des familles musulmanes criblées de balles, des personnes agressées physiquement un peu partout en France et en Corse. Le racisme et la haine sont ainsi attisés par les médias, les hommes politiques, certains romanciers et les forces d'extrême droite qui exploitent jusqu’à la moelle le massacre de Charlie Hebdo. L'attentat et la gigantesque manipulation politique et médiatique qui l'ont suivi n'ont fait qu'exacerber un racisme latent, plus ou mois refoulé.

L'amalgame entre Islam et terrorisme, l'islamophobie, le racisme ambiant sont des armes efficaces utilisées par la classe dominante, à travers le pouvoir politique et médiatique, pour mieux occulter sa responsabilité dans la situation économique et sociale désastreuse que connaît la France aujourd'hui. La désignation d'un bouc émissaire permet aussi de détourner les masses populaires des vrais problèmes qui les rongent au quotidien. Dans ce sens, l'attentat contre Charlie Hebdo constitue une véritable aubaine pour le gouvernement qui poursuivra, sans risque aucun, sa politique d'austérité entièrement au service du patronat. Les terroristes, sans le vouloir, lui rendent donc un immense service .

Malheureusement Charlie Hebdo , même si cela relève de son droit et de sa liberté, a beaucoup contribué au développement de cette ambiance détestable de stigmatisation et de mépris des musulmans de France.

Depuis le 11 septembre 2001 sous la houlette de Philippe Val et Caroline Fourest notamment, Charlie Hebdo n'a cessé de déverser sa haine contre les musulmans. Il a fait de l'islamophobie l'axe central de sa ligne éditoriale. Au fil du temps, Charlie Hebdo a perdu sa fibre contestataire pour devenir un simple canard islamophobe au service de l'ordre établi.

Mohamed Belaali

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  1. http://www.elysee.fr/chronologie/#e8251,2015-01-07,allocution-du-president-de-la-republique-a-la-suite-de-l-attentat-au-siege-de-charlie-hebdo

(2) http://www.belaali.com/2014/11/le-terrorisme-produit-authentique-de-l-imperialisme.html

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 13:23
Le terrorisme, produit authentique de l'impérialisme

Taliban, Al Qaeda, Aqmi, Boko Haram, Rebelles libyens, Rebelles syriens, Daech, Al Nosra, Khorassane, ne sont que des noms, parmi tant d'autres, pour désigner des organisations et des mouvements créés, financés, entraînés et armés directement et indirectement par l'impérialisme américain et son caniche européen dans le seul et unique but de servir leurs intérêts économiques et stratégiques. En condamnant toutes les voies et toutes les issues progressistes, l'impérialisme a ouvert la boîte de Pandore libérant des monstres qui essaiment un peu partout et qui lui servent de prétexte pour d'éventuelles interventions dans les pays qui lui sont réfractaires. L'impérialisme est le père de tous les terrorismes.

La violence des groupes «terroristes» aussi barbare soit-elle, est peu de chose par rapport à la terreur que l'impérialisme exerce sur les peuples qui refusent de se soumettre à sa domination. Un pays comme l'Irak est aujourd'hui dans un état de décomposition avancé. L’intégrité du pays et son unité ne sont désormais qu'un lointain souvenir. Les guerres impérialistes dans ce pays ont laissé derrière elles des centaines de milliers de morts. C'est Madeleine Albrith qui justifiait froidement en 1996 la mort de 500 000 enfants irakiens. Le nombre de blessés et de refugiés se chiffre par million. La population est réduite à vivre dans des conditions infra-humaines. Ce que subit aujourd’hui le peuple irakien donne la mesure de la barbarie et de la cruauté dont l'impérialisme est capable (1). Toute l'histoire de l'impérialisme américain n'est qu'une suite de crimes, de guerres et de massacres perpétrés à travers toute la planète. Contre la culture de l'amnésie propagée par les médias bourgeois, citons quelques faits marquants du XXème et du XXI ème siècle: Hiroshima et Nakasaki, Corée (nord et sud), Indonésie, Viêt-nam, Afghanistan,Yougoslavie, Irak, Libye et Syrie. L'impérialisme américain a soutenu les régimes les plus rétrogrades, les dictateurs les plus féroces comme Suharto l'indonésien, Marcos le philippin, Pinochet le chilien, Videla l'argentin, Uribi le colombien, Ben Ali le tunisien, Moubarak l'égyptien etc.etc.

L'empire américain a dressé des fanatiques religieux contre Nasser en Egypte, contre Sukarno en Indonésie, contre Bhutto au Pakistan, contre Najibullah en Afghanistan. Le but est de contrer et d'étouffer toute pensée et tout mouvement communiste ou même nationaliste. Au Pakistan par exemple, le général dictateur Zia a renversé le gouvernement démocratiquement élu d'Ali Bhutto grâce au soutien décisif de Washington. Pour asseoir son pouvoir et mater toute opposition laïque, le dictateur instrumentalise l'Islam. «Les hommes de Zia étaient obtus, insensibles et cruels. Le nouveau régime avait décidé d'utiliser l'Islam comme machine de guerre ; ses partisans barbus, souvent incroyablement stupides, étaient opportunistes jusqu'à la moelle. Ils mêlaient la religion aux profanations les plus viles» écrivait Tariq Ali dans «Le choc des intégrismes» (2). Des Madrassas (écoles coraniques) fleurissaient alors un peu partout au Pakistan. En plus de la formation religieuse, on apprenait à ces talibans (étudiants) le maniement des armes et les techniques de la guérilla. Il s'agit en fait de centres d'endoctrinement gérés et contrôlés par les fameux services secrets pakistanais ISI (Inter-Services Intelligence). De ces écoles religieuses naquirent des dizaines de milliers de fanatiques prêts à tous les sacrifices. L'impérialisme avait besoin de Zia et de ses talibans pour renverser d'abord le gouvernement pro-soviétique, installé à Kaboul, et surtout livrer la guerre aux troupes Soviétiques présentes sur le sol Afghan ensuite. Les talibans sont ainsi devenus, par la grâce des dollars américains et des pétrodollars saoudiens les « moudjahidins de la liberté» qui allaient mener le djihad (la guerre sainte) contre les « communistes » afghans et leur protecteur soviètique. Dans son interview accordée au Nouvel Observateur, le chef de la sécurité nationale de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski déclarait ceci :

- Nouvel Observateur: «Vous ne regrettez pas non plus d'avoir favorisé l'intégrisme islamiste, d'avoir donné des armes, des conseils à des futurs terroristes?»

- Zbigniew Brzezinski : «Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide?» (3).

Rappelons que pendant la guerre contre l'Union soviétique, le dictateur Zia et ses services de renseignement ont demandé à l'Arabie Saoudite de dépêcher un membre de la famille royale pour superviser la «guerre sainte». Faute de pouvoir trouver un émir, c'est un certain Oussama Ben Laden qui fut envoyé !!

Le chaos que connaît actuellement la Libye est la conséquence directe de l'intervention militaire américaine et européenne dans ce pays (4). Les nombreuses milices islamistes qui font régner aujourd'hui la terreur dans ce pays martyr, avaient non seulement servi de troupes terrestres aux bombardements de l'OTAN , bras armé de l'impérialisme, mais également de justification et de légitimation de l'intervention impérialiste pour renverser le régime de Kadhafi. La propagande des médias américains et européens présentaient ces djihadistes comme des «rebelles» et des «révolutionnaires» prêts à se sacrifier pour la liberté et la démocratie. Il fallait donc les entraîner, les armer et les financer. Et c'est grâce à L'OTAN que ces milices sont entrées triomphalement à Tripoli. Abdelhakim Belhaj, «l'émir» du Groupe islamique combattant (GIC) lié à Al Qaeda, remerciait d'ailleurs publiquement les dirigeants américains et européens de lui avoir offert ce triomphe (5). Rappelons que les chefs de ce groupe sont tous formés par la CIA en Afghanistan pour combattre l'armée soviétique. Derna, ville libyenne sur la méditerranée, est aujourd'hui dirigée par ce que l'on appelle communément l'Etat Islamique (EI). Le contrôle de cette ville par EI est rendu possible grâce à la collaboration d'une autre milice, Ansar Al Charia, farouche opposante au régime disparu de Kadhafi.

La destruction de l’État libyen par l'OTAN et ses alliés islamistes a permis par ailleurs le pillage des arsenaux militaires par des groupes djihadistes opérant en Tunisie, en Égypte et surtout au nord Mali. La France qui est intervenue dans ce dernier pays pour mener «la guerre au terrorisme», a participé activement au renversement du régime libyen en soutenant les milices islamistes ! Les mêmes groupes armés sont traités tantôt de «terroristes», tantôt de «rebelles» en fonction des seuls intérêts de la bourgeoisie.

La Turquie, dirigée aujourd'hui par un gouvernement islamiste et conservateur, affiche ostensiblement sa volonté de renverser le régime laïc baassiste syrien. Il faut préciser que la Turquie est membre à part entière de l'OTAN et alliée de poids de l'impérialisme américain dans la région. Son soutien aux «rebelles syriens» est total. Les frontières turques sont largement ouvertes aux « rebelles » et aux mercenaires du monde entier pour mener la «guerre sainte» au régime syrien. La Turquie sert de base arrière aux islamistes de tout bord pour se soigner, se reposer et surtout pour s'entraîner. Mais cette volonté de la Turquie de renverser le régime baassiste par tous les moyens n'est rendue possible que grâce à la complicité de l'impérialisme américain et européen.

Vouloir installer par la violence des gouvernements à leur solde, l'impérialisme et ses alliés locaux n'ont pas hésité à soutenir des mouvements politiques dont l'Islam n'est qu'un voile derrière lequel se cachent les intérêts des uns et des autres. Les mauvaises graines qu'ils ont semées à travers la planète ont produit une moisson abondante de groupes dont la cruauté et la barbarie s'inspirent directement de celles de leurs maîtres. L'Arabie Saoudite, modèle de démocratie et du respect des droits de l'homme et surtout de la femme, décapite au sabre et en public chaque année des dizaines d'hommes. Or l'Arabie reste le soutien financier et idéoligique (le wahhabisme) le plus décisif des nombreuses organisations djihadistes réactionnaires qui opèrent notamment en Irak et en Syrie. Mais l'Arabie Saoudite est également pour l'impérialisme américain, en plus de ses richesses pétrolières, le rempart le plus solide contre toute idée et tout régime démocratique, progressite et laïc : «Les richesses pétrolières enfouies sous le sable de l'Arabie, le rôle de défenseur des intérêts impériaux de l'impérialisme américain font de cet État féodal un «ami» de toutes les bourgeoisies occidentales et l'ennemi de tous les travailleurs» (6). Le terrorisme est à l'image de l'impérialisme.

Mohamed Belaali

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(1) http://www.belaali.com/article-les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-irak-48981793.html

(2) Tarik Ali «Le choc des intégrismes »,Textuel,2002, page 215

(3) Le Nouvel Observateur du 15-21 janvier 1998

(4) http://www.belaali.com/article-la-libye-apres-l-intervention-imperialiste-108002868.html

(5) http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/libye-abdelhakim-belhaj-l-islamiste-qui-remercie-les-occidentaux_1027938.html

Voir également son portrait dressé par le journal Libération

http://www.liberation.fr/monde/2011/08/26/abdelhakim-belhaj-le-retour-d-al-qaeda_757094

(6) http://www.belaali.com/article-arabie-saoudite-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-sur-les-revoltes-populaires-109557989.html

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 16:04
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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 18:06

 

Trafic d'influence, abus de faiblesse, favoritisme, escroquerie en bande organisée, corruption, enrichissement personnel, conflit d'intérêt, népotisme, malversation, fraudes en tout genre, achat de voix, etc. etc. Cette richesse dans le vocabulaire contraste violemment avec la misère morale et politique des dirigeants d'une République qualifiée pourtant « d'irréprochable » par les uns et « d'exemplaire » par les autres.

 

 

Le nombre d'hommes et de femmes politiques impliqués, à un degré ou à un autre, dans les affaires est impressionnant. Il est tout simplement impossible d'établir une quelconque liste exhaustive des scandales politico-financiers qui secouent régulièrement la tête de l'Etat. Sans remonter jusqu'aux diamants centrafricains de Giscard, on peut citer à titre d'exemples quelques noms de dirigeants politiques empêtrés dans des affaires récentes : André Santini, Christine Boutin , Christian Blanc, Christian Estrosi, Alain Joyandet, Alain Juppé, Eric Woerth, Jérôme Cahuzac, Patrick Balkany, Claude Guéant, Serge Dassault, Jean-Michel Baylet, Jean-Noël Guérini, Jean-François Copé, Edouard Balladur, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy etc. etc.

 

Etrange démocratie où l'ex-président de la république, Nicolas Sarkozy, concentre à lui seul une demi douzaine d'affaires entre ses mains : l'affaire Tapie, l'affaire Karachi, l'affaire Bettencourt, l'affaire libyenne, l'affaire des sondages et l'affaire des écoutes téléphoniques. Malgré tous ces scandales, Sarkozy reste insaisissable par la justice. Et même ceux qui ont été condamnés, poursuivis ou inquiétés par la justice, se font régulièrement élire ! Alain Juppé reste un exemple éloquent. Mais Juppé n'est que l'arbre qui cache la forêt. Patrick Balkany, Jean-François Copé, Jean-Pierre Bechter, Maryse Joissains , Brigitte Barèges, André Santini, Gaston Flosse, Jacques Mellick, Pierre Bedier etc. ne sont que quelques exemples parmi tant d'autres. Les institutions de la République, leur fonctionnement non seulement sont complices de ces agissements, mais permettent et favorisent la multiplication des opportunités de corruption et des scandales en tout genre. Que signifie dans ces conditions État de droit, démocratie, égalité, transparence, intérêt général etc. ?

 

Quel contraste entre les valeurs proclamées par la République et les pratiques réelles de ses dirigeants ! La corruption est au cœur même de la démocratie bourgeoise. Le cas Cahuzac est exemplaire à cet égard. C'est lui qui déclarait à l'Assemblée nationale et même « les yeux dans les yeux » devant le président de la République, «Je n'ai pas, et je n'ai jamais eu un compte à l'étranger, ni maintenant, ni avant» avant de reconnaître posséder un compte bancaire en Suisse et frauder le fisc quelques mois plus tard !

 

Aquilino Morelle, ce puissant conseiller de François Hollande et ami de Jospin, de Valls, de Montebourg et de bien d'autres hommes politiques se comportait selon le site Mediapart «comme un petit marquis au Palais de l’Elysée où il abuse des privilèges de la République». A. Morelle se faisait par exemple« cirer ses 30 paires de souliers de luxe faites sur-mesure dans un salon de l’hôtel Marigny ». Il utilisait les deux chauffeurs officiels et les secrétaires pour ses affaires personnelles et familiales. En bourgeois qui se respecte, non seulement il utilisait et méprisait le « petit personnel de l'Elysée », mais il « le terrorisait » selon Mediapart.

Aquilino Morelle, « farouche adversaire » de l'industrie pharmaceutique, travaillait, toujours selon le même site, «en cachette pour des laboratoires pharmaceutiques, y compris à une époque où il était censé les contrôler».

 

Jérôme Cahuzac, Aquilino Morelle, voilà les hommes avec lesquels le chef de l'Etat travaillait en étroite collaboration pour mener à bien une politique de classe dans le cadre de sa « République exemplaire » ! Cette politique n'est que le prolongement de celle imposée par Nicolas Sarkozy dans sa « République irréprochable ».

 

Que peuvent attendre encore les masses populaires de cette République corrompue dont les dirigeants possèdent de larges pouvoirs discrétionnaires qui leur procurent des privilèges matériels et symboliques pour leur propre compte ou pour celui de leur organisation politique ? Ces « bénéfices » sont en quelque sorte une récompense octroyée par la bourgeoisie à ses serviteurs zélés et dévoués.

 

Ce zèle et ce dévouement se traduisent concrètement par une politique de paupérisation systématique des classes populaires et par l'enrichissement d'une minorité de puissants. Le chômage et la précarité explosent comme les inégalités économiques et sociales. Et la destruction de l'économie de tout un pays se poursuit inlassablement. Même les retraités les plus pauvres qui survivent avec des pensions de misère doivent contribuer à cet effort gigantesque d'enrichir encore et encore industriels, banquiers et autres spéculateurs. Hollande, Valls, Montebourg et tout le Gouvernement au lieu de nationaliser les grandes entreprises (Safran, ArcelorMittal, Alstom etc. ) qui emploient des dizaines de milliers de travailleurs et préserver ainsi l'emploi, préfèrent les brader aux actionnaires dont le seul et unique objectif est de faire le maximum de profit avec le minimum de salariés possible. Et c'est Hollande lui-même qui disait « l’État n'a pas à se substituer à l'initiative privée, car ce sont les industriels qui connaissent les marchés, les clients, les technologies. Il lui revient de définir un cadre, d'accompagner et de stimuler » (1). Il aurait pu tout aussi bien dire que le gouvernement « n'est qu'un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise toute entière » (2) confirmant ainsi, sans le vouloir, ce que Marx et Engels avaient écrit il y a longtemps !

 

 

On peut adopter les lois que l’on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l’une dans l’autre que l’on ne peut supprimer l’une sans éliminer l’autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre la corruption ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie dissimule ses forfaits. Le problème n’est donc pas l’existence de la corruption, des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd’hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe. Le véritable scandale, c’est le capitalisme lui-même.

 

Mohamed Belaali

 

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(1) http://www.gouvernement.fr/gouvernement/34-plans-de-reconquete-pour-dessiner-la-france-industrielle-de-demain

(2) K. Marx et F. Engels dans le « Manifeste du parti communiste ». Editions en langues étrangères, Pekin, page 35.

Qu'elle est jolie la république bourgeoise ! (acte 3)

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 17:35

 

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Président de la République, Gouvernement, préfets, maires des grandes et petites communes, journalistes, bref tout l'appareil étatique et médiatique de la bourgeoisie est mobilisé pour « lutter contre le racisme et l'antisémitisme ». Le ministre de l'intérieur Manuel Valls va jusqu'à adresser aux préfets une circulaire qui commence ainsi «  La lutte contre le racisme et l'antisémitisme est une préoccupation essentielle du Gouvernement et exige une action énergique » (1) . La France est ainsi invitée à mener ce grand combat élevé au rang des causes et des priorités nationales. Valls, qui rêve de devenir Président de la République, instrumentalise ainsi « la lutte contre le racisme et l'antisémitisme » pour plaire à la bourgeoisie et pour mieux détourner les travailleurs et les masses populaires des vrais problèmes qui les rongent au quotidien . L'agitation du gouvernement autour de ce thème n'a d'égal que son silence sur la souffrance sociale, sur le chômage et la précarité qui plongent l’individu dans l’incertitude et l’ insécurité économique la plus totale.

 

 

L'Etat, à travers le ministre de l'intérieur Manuel Valls, donne directement des ordres aux juges leur demandant « de prendre leur responsabilité », c'est à dire interdire,vaille que vaille, le spectacle de l'humoriste Dieudonné. A peine l'ordonnance du Tribunal Administratif publiée, le Conseil d'Etat a pu statuer en un temps record ! Seulement quelques heures ont séparé la décision du tribunal administratif favorable à Dieudonné et celle du Conseil d'Etat interdisant son spectacle ! Tout était planifié d'avance. Le Conseil d'Etat, pour justifier sa décision va jusqu'à inventer des expressions étranges comme «l' atteinte à la cohésion nationale » par exemple ! Comprenne qui pourra.

Depuis, toutes les décisions prises par les tribunaux administratifs et le Conseil d'Etat vont dans le même sens : le spectacle est interdit conformément à la volonté du ministre de l'intérieur Manuel Valls. Le principe de séparation des pouvoirs cher à Montesquieu, une fois encore, est démenti par les faits. L'Etat de Droit, c'est le droit au service de l'Etat. Le droit bourgeois ne peut s'élever au dessus des intérêts de la classe qui l'impose. Il est le reflet même de ces intérêts.

 

Valls et Hollande ne sont pas antiracistes , ils sont les serviteurs de la classe qui les a hissés à la tête de l'Etat. Ils ne sont là que pour consolider les privilèges de la classe dominante. Le nouveau cadeau offert au patronat dans le cadre du «pacte de responsabilité» en est une preuve supplémentaire. Car autant Valls est prompt et « énergique » à censurer et à interdire le spectacle de Dieudonné, autant il est resté muet sur les licenciements des travailleurs de Goodyear et de la Redoute pour ne citer que ces deux entreprises. Censurer une représentation est beaucoup plus facile que d'interdire les licenciements collectifs.La soumission de Valls, de Hollande et de tout le gouvernement au despotisme patronal est totale.

 

Valls qui fait le fanfaron aujourd'hui en jouant les antiracistes, est d'une grande lâcheté, d'une hypocrisie et d'un opportunisme sans bornes. Comment peut-il encore oser affirmer haut et fort qu'il lutte contre « toutes les formes de racisme » lorsque, en même temps, il affiche fièrement et ostensiblement un mépris sans limites à l'égard des Roms et inflige aux sans papiers des souffrances et des humiliations insupportables ? Ses propos concernant les Roms, population sans défense, rejoignent ceux tenus par Le Pen, président d'honneur du Front National et ami de Dieudoné, pour qui « les Roms comme les oiseaux volent naturellement ». Mais Le Pen et le FN, protégés par la classe dominante et ses médias qui déversent quotidiennement des flots de propos racistes, sont des habitués de ce genre de déclarations. Ainsi ce qui est interdit pour les uns est permis pour les

autres.

 

Rappelons également que lorsque Monsieur Valls était Maire d'Evry, il trouvait qu'il y avait trop de noirs dans sa ville. Il demande alors à Christian Gravel, son directeur de cabinet: «(…) Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos…» !

Toute la carrière de valls est construite sur le terrain de la sécurité, de la xénophobie et de la haine des travailleurs immigrés et de leurs enfants comme les Le Pen, père et fille, et Sarkozy. Il attise la haine entre citoyens pour mieux les diviser en jouant sur les préjugés nationaux, raciaux et religieux.

 

Hollande, qui est derrière Valls dans cette affaire de censure, a choisi de lui apporter son soutien, du pays le plus démocratique et le plus respectueux des droits de l'homme et surtout ceux de la femme, l'Arabie Saoudite ! En visite dans ce pays en compagnie d'une kyrielle de patrons (Ariva,Thalès,Veolia, Vinci, BNP, Sanofi etc.), le Président de la République martèle son soutien à Valls et sa détermination à combattre le racisme, l'antisémitisme et tutti quanti. Rappelons tout de même que les travailleurs étrangers sont considérés et traités dans ce pays comme des esclaves. Cette monarchie d'un autre âge dont «  Les châtiments cruels et inhumains sont régulièrement prononcés par les tribunaux saoudiens. Le nombre d’hommes et de femmes décapités dans ce pays ami des États-Unis et de l’Europe ne cesse d’augmenter (2). En Arabie Saoudite, les manifestations sont strictement interdites comme d’ailleurs les partis politiques, les syndicats et les associations. Aucune critique du roi et aucune opposition à son gouvernement ne sont tolérées dans cette monarchie absolutiste » (3) . « La lutte contre toutes les formes de racisme » claironnée en France s'efface totalement face aux intérêts de la bourgeoisie.

 

Mais c'est surtout Israëlque Hollande et Valls admirent le plus. Selon le Président de laRépublique « c’est sans doute au PS que l’on trouve le plus grand nombre d’amis d’Israël et du peuple juif» (4). «Je suis lié de manière éternelle à Israël» renchérit le premier flic de France lors des primaires socialistes(5). Or Israël est considéré par l'immense majorité des peuples de la planète comme l'Etat le plus raciste au monde. Ici le racisme est érigé en institution. Israël est un Etat replié sur lui-même et dirigé par un gouvernement d’extrémistes et de fanatiques.Israël est au-dessus des lois, des conventions et de toutes les résolutions des Nations Unies. Il ne supporte ni contradiction, ni critique. Toute contestation, toute opposition et toute dénonciation de l’entité sioniste sont impitoyablement réprimées. Et l’antisionisme est confondu délibérément avec l'antisémitisme.

 

Dieudonné au lieu de combattre le sionisme en tant que mouvement politique et idéologique, qui au départ était loin d'être représentatif de tous les juifs du monde, a préféré s'allier avec l'extrême droite ennemie des travailleurs et des classes populaires. Dieudonné au lieu de s'attaquer au capitalisme et à la classe qui le porte, la bourgeoisie, il a choisi de concentrer sa critique sur une communauté religieuse. Son «anti-système» est une imposture.

 

La propagande de Hollande et de Valls contre le racisme et l'antisémitisme n'est qu'une manière, parmi tant d'autres, de cacher leur véritable mission, servir les riches et les puissants.

Toute l'histoire du Parti «Socialiste» n'est que trahisons des aspirations et des intérêts des classes populaires.

 

 

 

Mohamed Belaali

 

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  1. http://www.leparisien.fr/politique/la-circulaire-anti-dieudonne-de-valls-aux-prefets-06-01-2014-3467133.php

  2. http://www.amnesty.org/fr/region/saudi-arabia/report-2012

 

(3) http://www.belaali.com/article-arabie-saoudite-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-sur-les-revoltes-populaires-109557989.html

 

  1. http://www.crif.org/fr/lecrifenaction/fran%C3%A7ois-hollande-re%C3%A7oit-le-crif

 

  1. http://jforum.fr/forum/france/article/francois-hollande-et-israel

 

 

 

 

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